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Introduction : Un des objectifs des programmes de remédiation cognitive est d’améliorer les processus cognitifs tels que l’attention, la mémoire, la cognition sociale, les fonctions exécutives des patients atteints de troubles psychiatriques notamment psychotiques. L'objectif de notre étude était d’examiner les effets perçus globalement des programmes de remédiation cognitive par les patients dans leur lettre de bilan de prise en charge.
Méthode : L'étude a été réalisée sur un corpus de lettres de bilans de fin de prise en charge écrite par 32 personnes ayant un trouble schizophrénique après 14 semaines de remédiation cognitive. Une analyse lexicométrique a été réalisée avec les logiciels IRaMuTeQ et R.
Résultats : La totalité du matériel lexical de la prise en charge par remédiation cognitive (CRT, RECOS, GAIA) a permis de distinguer quatre classes de discours par ordre de fréquence. La première classe présente 1) les bénéfices perçus par les patients de stratégies visant à réduire et à prioriser les informations afin de faciliter les processus de mémorisation et la bonne réalisation d’une tâche limitée dans le temps (classe 1 : 30,3%). La deuxième classe est axée 2) sur les particularités du travail de remédiation et du lien qui est fait entre le travail séance avec le thérapeute et les tâches individuelles à domiciles dans l’objectif d’un transfert des capacités développées pendant les séances dans la vie quotidienne (classe 4 : 27%). La troisième classe fait apparaître 3) l’importance de l’identification et de la compréhension des effets du « stress ». Les patients pointant l’aide qu’apporte la remédiation cognitive dans la gestion au quotidien notamment pour éviter les répercussions négatives sur la dérégulation émotionnelle et les performances cognitives (classe 3 : 21,7%). Enfin, la dernière classe souligne 4) l’importance du bilan neuropsychologique pour identifier, de manière précise et personnalisée, les difficultés cognitives et d’y remédier dans un objectif qui prend en compte le projet plus global de réinsertion et de réhabilitation du patient (classe 2 : 21,1%).
Conclusion : Les données vont dans le sens des objectifs fixés par les concepteurs des programmes de remédiation cognitive en général et de la politique de soin du C3RP en particulier. L’analyse lexicométrique fait ressortir que la remédiation cognitive semble efficace pour compenser par stratégie voire améliorer les déficits cognitifs par l’entraînement des capacités et le transfert dans le quotidien pour les usagers. De plus, la remédiation semble jouer un rôle sur les situations d’anxiété ou de « stress » généré de manière habituelle lorsque les patients sont exposés à des tâches cognitives pour lesquelles ils éprouvaient des difficultés auparavant. Enfin, l’individualisation du programme de remédiation et son inscription dans une trajectoire de réinsertion et de réhabilitation apparaissent également comme des éléments importants dans les lettres bilans des patients.

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