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Introduction
La consommation de cannabis est un problème de santé publique majeur en France.
En Martinique, en 2014, la consommation de cannabis se rapproche des taux retrouvés en métropole, notamment chez les jeunes (Beck et al. Tendances n°111. OFDT. 2016).
Le THC et les cannabinoïdes exercent une action anti-émétique via le récepteur CB1, réduisant les nausées et vomissements chimio-induits (Rock et al.Cannabis and Cannabinoid Research2016;1:113–21).
Le Syndrome d'Hyperémése Cannabique (SHC) est un effet paradoxal du cannabis. Il est caractérisé par des douleurs abdominales, des vomissements incoercibles, une anxiété importante, transitoirement calmés par la prise de douches chaudes. Le SHC est mal connu des praticiens qui multiplient les explorations paracliniques toujours négatives devant des vomissements cycliques incoercibles.
Le but de ce travail est, à partir de deux cas cliniques, de décrire ce syndrome, et de relever de possibles particularités à la Martinique.
 
Matériel et Méthode
Les 2 patientes ont été recrutées au cours d’hospitalisations au CHU de Martinique.
Nous avons comparé leurs caractéristiques cliniques avec les critères de Simonetto, ainsi qu'avec les autres cas décrits dans la littérature.
 
Résultats
Patiente 1 : 28 ans (Syndrome anxieux et douleurs abdominales). Début de consommation d’herbe de cannabis en 2009 - consommation quotidienne de 5 à 6 joints/jour.  Abstinence rapportée depuis 1 mois et demi avant les 1ers symptômes : vomissements incoercibles et douleurs abdominales épigastriques. Anxiolyse et diminution des vomissements et douleurs sous douche chaude. Pas de troubles du transit. Bilan paraclinique normal.
Patiente 2 : 24 ans (Syndrome anxieux et symptômes somatoformes). Début de consommation d’herbe de cannabis en 2011 - consommation quotidienne de ½ à 2 joints par jour. Consommation depuis 1 mois avant les 1ers symptômes : douleurs épigastriques, vomissements incoercibles, évoluant sans soulagement depuis 3 semaines.
 
Conclusion
Ces deux patientes présentaient un Syndrome d'Hyperémèse Cannabique selon les critères de Simonetto. Dans les deux cas, le diagnostic de SHC a été porté tardivement, après errance diagnostique préjudiciable. La comparaison avec les données de la littérature note comme différence la possibilité de survenue en période d'abstinence.
 
Discussion
Les passages répétés aux urgences, l'errance diagnostique et les explorations paracliniques multiples pourraient être évités avec une meilleure connaissance de ce syndrome dont la prise en charge thérapeutique reste compliquée.
La physiopathologie du SHC reste à déterminer. Plusieurs hypothèses impliquant récepteurs gastriques au THC, centre thalamique de la thermorégulation, axe hypothalamo-hypophysaire, coexistent actuellement.
Devant l'augmentation de consommation de cannabis en Martinique, des campagnes d'information ainsi qu'une étude sur l'efficacité de protocoles thérapeutiques pourraient être envisagés.

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