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L’actualité de l’exode syrien place le débat sur les flux migratoires de réfugiés au premier plan de la scène médiatique. Du point de vue de la psychiatrie, ce phénomène n’est pas nouveau mais particulièrement réactualisé (voir Moro M-R.). Dans le cadre de notre pratique de consultation publique de pédopsychiatrie, au sein du CHRU de Strasbourg, nous avons reçu  durant six mois plusieurs enfants aiguillés vers nous par des « médecins de la précarité ». Nous constatons que ces enfants sont sujets à 2 types de « trauma », dans les suites de violences qui 1) soit auraient été perpétrées par l’un des parents, et pour lesquelles la mère en l’occurrence se trouve démunie de tout recours juridique, 2) soit auraient été faites aux parents et dont l’enfant aurait été témoin.
Dans tous les cas, l’arrivée en France est  récente (moins d’un an), occasionnant pour les familles l’attribution de logements précaires mis à disposition par une association. La symptomatologie de ces enfants comporte des similitudes, notamment des éléments de régression d’ampleur variée allant d’une impossibilité à être seul jusqu’à une régression psychique extrême (couches ; perte de la marche). Malgré la gravité des tableaux cliniques, les enfants, dans leurs dessins, expriment une seule évidence : (avoir) une maison. Nous constatons que la qualité nécessaire du lien thérapeutique de même que le travail psychothérapique nécessaire ici sont mis en difficultés par la situation sociale très précaire et particulièrement incertaine et l’obligation de parler avec  l’aide d’un interprète ne parlant pas forcément la langue de l’enfant (dialecte). Or, un travail psychothérapique avec un enfant sur un « trauma » nécessite à priori une situation sécurisée pour permettre un temps d ‘élaboration réalisable. Ces enfants, vivant pour certains à l’hôtel avec leur mère, sans aucune certitude à court terme que le réel de l’exode ne fasse pas à nouveau irruption dans leur univers, n’ont que peu la possibilité d’accéder à ce temps d’élaboration, nécessaire pour un apaisement de la pensée. Le devenir psychique de ces enfants n’est pas donc le seul fait de la psychiatrie comme nous allons le présenter, mais bel et bien dans une prise en compte pluridisciplinaire, tant humanitaire que sociale et politique. 

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