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L’apathie serait le syndrome neuropsychiatrique le plus fréquent dans les troubles neurologiques et psychiatriques. Elle serait associée à un déclin fonctionnel et une perte d’autonomie, entraînant une morbidité et un handicap, une altération de la qualité de vie, une institutionnalisation précoce, un fardeau majeur pour les aidants et les soignants, une plus grande prescription de psychotropes et une moindre adhésion au traitement.
 
Toutefois, la validité conceptuelle de l’apathie soulève des questionnements. L’approche proposée par Levy et Dubois, considérant l’apathie comme un trouble du comportement dirigé vers un but, avec des composantes affective, cognitive et d’activation psychique, correspondrait au mieux aux mécanismes physiopathologiques et psychopathologiques du trouble : l’apathie résulterait de dysfonctionnements lésionnels ou fonctionnels au niveau des boucles fronto-striatales et serait sensible à la modulation de la récompense et aux stratégies incitatives.
 
Ainsi, il serait judicieux d’élaborer des critères diagnostiques se basant sur cette conception nosologique. Par la suite, il serait important d’élaborer différents outils psychométriques permettant la définition opérationnelle, le dépistage, le diagnostic, la caractérisation des différentes composantes, l’évaluation de la sévérité et le suivi de la réponse thérapeutique, tant par le patient, l’aidant et/ou le clinicien, tout en prenant en compte la dimension d’anosognosie et les biais d’hétéro-évaluation. Ces outils devraient être validés dans les différents troubles en se référant aux critères diagnostiques et non pas à une évaluation croisée avec une échelle antérieurement utilisée.
 
Des essais randomisés contrôlés en double aveugle devraient permettre de trouver des moyens thérapeutiques efficaces pour l’apathie, les différentes pistes explorées jusque là étant très prometteuses. La meilleure caractérisation de l’apathie sur le plan neuropsychologique pourrait permettre d’envisager des programmes de remédiation cognitive ou de prise en charge ciblée.
 
Enfin, une réflexion éthique s’impose lors de la prise en charge de chaque patient présentant une apathie, en s’attardant sur les questions d’autonomie, de la participation aux soins et de la validité du consentement éclairé.

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