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L’ampleur des troubles mentaux est insuffisamment connue dans les pays en développement. Au Burkina Faso, pays qui ne compte que neuf psychiatres pour une population de 18 450 494 habitants,  seule une faible minorité des personnes souffrant de ces troubles reçoivent des soins dans les structures sanitaires. D’où l’intérêt des enquêtes nationales pour mieux orienter les programmes à l’aide de données probantes.
Les objectifs de cette recherche étaient d’une part, de déterminer à l’aide du “Mini-International Neuropsychiatric Interview” (MINI), la prévalence des troubles mentaux dans la population générale au Burkina Faso et d’autre part, d’identifier les facteurs associés à la survenue de ces troubles.
Nous avons procédé par une enquête transversale descriptive et analytique au sein de la  population générale âgée d’au moins 18 ans.
Le seul critère de non inclusion était les personnes absentes de leur domicile. 
Nous avons utilisé la technique d’échantillonnage aléatoire en grappes à plusieurs degrés (N= 2587). La passation des questionnaires a eu lieu dans les concessions au cours d’entretiens en face à face conduits par des médecins, étudiants en médecine et infirmiers spécialistes en psychiatrie.
Sur les 2587 personnes enquêtées, 1072 soit 41,43 % remplissaient les critères d’au moins un des troubles mentaux. Le taux de prévalence était significativement plus élevé chez les femmes que chez les hommes (46,24 % versus 35,01 %). L’épisode dépressif était le trouble le plus fréquent au sein de la population enquêtée (11,60 %), suivi par le trouble dysthymique (10,05 %).
Le sexe, le milieu de résidence et la situation matrimoniale étaient les principaux facteurs significativement associés à la survenue des troubles mentaux.
Cette première enquête nationale a mis en évidence une forte prévalence des troubles mentaux. Sa réplication à intervalle régulier ainsi que la recherche complémentaire des facteurs contributifs à la survenue des troubles est nécessaire. Mais en attendant, il importe de former et d’impliquer davantage les personnels infirmiers et les médecins généralistes sur le repérage et la prise en charge de ces troubles, les personnels spécialistes étant en nombre très insuffisant en l’état actuel.
 
Enquête réalisée avec le soutien de Sanofi Accès au Médicament

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