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Introduction: L’exposition à un stimulus stressant entraîne l’activation l’axe hypothalamo-hypohysaire-surrénalien avec une sécrétion de catécholamines. Celles-ci modifient l’immunité humorale et cellulaire. D’une part, cette théorie psycho-immunologique permet de tisser des liens entre immunité et dépression. D’autre part, on sait qu’il existe des différences dans les réactions immunitaires des hommes et des femmes mais aussi dans l’expression clinique des épisodes dépressifs majeurs. Notre étude vise à pondérer l’intensité de la dépression et le genre dans la réaction immunitaire cellulaire liée à la dépression. Méthode : 549 patients atteints d’un épisode dépressif majeur sont enrôlés dans une étude ouverte. Outre un questionnaire socio-démographique, ils ont complété l’échelle de dépression de Beck. En cytométrie de flux, nous avons dosé les différents sous-types de lymphocytes. Résultats : En moyenne l’intensité de la réaction dépressive chez les femmes est plus élevée que chez les hommes de 2.9 points (p = 0.018, t = 2.379). Cette intensité est corrélée avec les valeurs absolues de CD3 (p = 0.003 ; r = -0.127), CD4 (p < 0.000 ; r = -0.189), CD8 (p = 0.05 ; r = 0.089), et CD16 & 56 (p = 0.05 ; r = 0.129). Du point de vue genre, il existe des différences significatives entre hommes et femmes pour le pourcentage des lymphocytes (h= 37.84, f=35.59 ; p = 0.008, t = 2.646), CD3 (h= 2.08, f=1.9 ; p = 0.014, t = 2.676), CD4 (h= 1.44, f=1.3 ; p = 0.012, t = 2.522), CD8 (h= 0.62, f=0.57 ; p = 0.03, t = 2.182).Un modèle de régression incluant les deux variables soutient l’existence de ces différences pour le pourcentage de lymphocytes (p = 0.001, R2 ajusté 0.025) et les CD8 (p = 0.021 ; R2 ajusté 0.012). Conclusions : S’il existe un lien bien documenté entre dépression et réaction immunitaire cellulaire, notre étude met en évidence que les hommes ont une réaction immunitaire plus forte que les femmes en terme de pourcentage de lymphocytes mobilisés et de lymphocytes cytotoxiques. Les lymphocytes tueurs naturels sont, eux, indépendants du genre mais bien de l’intensité de la dépression. La théorie psycho-immunologique devrait sans doute être repensée avec une immunité au moins partiellement dépendante du genre.

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