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Le concept d’héboïdophrénie a été proposé par Kalhbaum en 1890. S’il parcourt le XXème siècle à travers les grands systèmes nosographiques, il n’obtiendra jamais qu’une place secondaire voire marginale parmi les entités psychopathologiques de référence. Il est d’ailleurs absent des différents DSM (y compris la récente 5ème version). L’on ajoutera que, si elle est née en Allemagne, l’héboïdophrénie a surtout été discutée dans le giron de la psychopathologie française. Cette psychopathologie se caractérise par une symptomatologie psychotique de type schizophrénique et des troubles du comportement de type antisocial. Cette symptomatologie « bicéphale » – d’une part psychotique et d’autre part psychopathique –, a classiquement été associée à la pathogénie de certaines schizophrénies, notamment en incarnant une forme d’entrée typique et précoce dans le trouble. Une hypothèse psychopathologique et compréhensive souvent retenue est que le comportement antisocial pourrait répondre à la gestion difficile de l’angoisse psychotique naissante. L’on peut alors suggérer une interaction et une influence mutuelle entre les pôles antisocial et schizophrénique. La prise en considération de ce diagnostic peut se révéler utile en psychopathologie légale : ces patients interrogent de façon complexe la notion de « responsabilité » et ont souvent, au préalable, échappé aux soins et aux circuits psychiatriques classiques. Nous présenterons plusieurs données cliniques issues de notre pratique, mais également des données empiriques préliminaires. Notre objectif est de montrer qu’une prise en considération de ce diagnostic peut avoir grand intérêt dans le contexte médico-légal dans lequel apparaissent ces patients. C’est, selon nous, grâce à une réflexion psychopathologique approfondie – incluant notamment une analyse des thématiques délirantes, une étude des contextes de formation de ces idées, et sur une prise en considération de l’évolution existentielle du trouble schizophrénique – que les complexes questions de dangerosité et de récidive (le risk), et de thérapeutique, de prise en charge et de réinsertion (le care) pourront être mieux posées.

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