Filter by

Category

Le suicide est un enjeu majeur de santé publique et les jeunes y sont particulièrement exposés. Il est la 2e cause de mortalité des 15-25ans en France et dans le monde, et ¼ des tentatives de suicide d’adolescents sont des récidives. L’amélioration des connaissances des facteurs de risque et de protection du suicide n’a permis qu’une diminution modérée des passages à l’acte ces dix dernières années. Cette synthèse qualitative intègre la perspective de 900 participants – adolescents et jeunes adultes suicidants, parents de jeunes suicidants et soignants qui les prennent en charge. L’expérience suicidaire est décrite autour de trois axes. Dans l’expérience individuelle, la dépressivité, les difficultés de contrôle de soi et le sentiment d’impuissance rapportés par les jeunes semblent contaminer l’entourage et les soignants. Dans l’expérience relationnelle, les jeunes comme leur entourage rapportent un sentiment de différence, de rejet, de manque d’écoute et d’incompréhension. Les changements dans le tissu relationnel sont à la fois précipitants et protecteurs des récidives. Enfin, l’expérience sociale et culturelle regroupe les difficultés à s’intégrer au groupe social, ainsi que les barrières et facilitateurs sociaux et culturels aux soins. Au centre de l’expérience suicidaire partagée, c’est le sentiment d’incompréhension qui s’inscrit dans les discours de tous les participants. Cette incompréhension semble sous-tendue par les réelles difficultés d’empathie pour ces jeunes. En effet, le passage à l’acte suicidaire est un acte violent dirigé contre l’autre, qui gèle toute capacité de partage de l’expérience de souffrance. Une réflexion est nécessaire, qui pourrait inclure des propositions issues des théories de l’intersubjectivité, afin de permettre une restauration des capacités d’empathie et d’améliorer la prise en charge de ces jeunes.

Presentation comments

Be the first to comment this presentation

Back to main page in