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La schizophrénie est précédée dans la majorité des cas par des symptômes prodromiques présents à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Le bénéfice des centres de détection et d'intervention précoces destinés aux sujets présentant ces prodromes est internationalement établi. Pourtant, ces structures sont rares en France. Pour permettre le développement efficient de ces dispositifs, il est essentiel de comprendre comment les jeunes accèdent à ce type de structures. C'est l'objectif de notre travail, à partir des données recueillies au C'JAAD, le centre pilote français. La recherche par les méthodes mixtes, courant méthodologique en plein essor, est particulièrement adaptée à notre problématique complexe et multidisciplinaire. Ainsi, nous avons intégré l'analyse quantitative de données issues de questionnaires remplis par les jeunes et l'analyse qualitative d'entretiens. 330 questionnaires et 8 entretiens ont été analysés. On observe que l'accès aux soins est dépendant de nombreux déterminants. Les symptômes présentés, le modèle explicatif des troubles que le jeune retient, le sexe, la présence d'antécédents psychiatriques familiaux, le parcours scolaire, la dimension culturelle influencent la trajectoire de soins. Par ailleurs, l'entourage des sujets détient un rôle majeur. Parfois porteur de conduites stigmatisantes, il est dans la majorité des cas un soutien important et ouvre la porte d'entrée vers les soins. Enfin, une fois le premier contact avec les soins effectué, le degré de communication entre les différents professionnels de santé et le niveau de connaissance des intervenants sur la prise en charge de ces sujets est déterminant. Favoriser l'accès aux soins des jeunes qui présentent une symptomatologie prodromique de schizophrénie est primordial : on se situe à une période où les enjeux pour le futur des jeunes sont majeurs. A notre connaissance, notre étude est la première à utiliser les méthodes mixtes pour explorer cette problématique. Toutefois, les données sont recueillies de manière rétrospective ce qui peut induire un biais de mémorisation. La lutte contre la stigmatisation, l'information du grand public et des professionnels doivent être une priorité pour favoriser l'adressage de ces jeunes vers les soins spécialisés. 

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