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Une patiente suivie par le service de gérontopsychiatrie a présenté un trismus. Ce symptôme est la contraction involontaire du muscle masséter. L’objectif est de montrer la démarche de recherche étiologique et physiopathologique de ce trouble.

Une recherche d’imputabilité a été effectuée à partir du dossier de la patiente en recueillant ses critères chronologiques et sémiologiques. Le cas a été confronté aux données bibliographiques et épidémiologiques du Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV).

La patiente de 61 ans est suivie pour dépression. Pendant 4 ans elle a été traitée par un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) l’escitalopram à 10mg/j. Une augmentation posologique progressive à 20mg/j pendant 3 mois a coïncidé avec l’apparition d’un trismus, résolutif à l’arrêt du traitement. Six mois plus tard un nouvel ISRS, la fluoxétine, a été introduit à 20mg/j. Un trismus est réapparu au bout d’un mois de traitement.  Aucun neuroleptique n’a été associé. Un trismus peut être lié à une maladie de Parkinson sous-jacente ou une cause iatrogénique. D’après la littérature, un ISRS peut causer des troubles musculo-squelettiques soit au cours d’un syndrome sérotoninergique soit au cours d’un syndrome extra-pyramidal. Ce dernier serait lié à l’inhibition de la transmission dopaminergique par la voie sérotoninergique et semblerait être dose-dépendant. Une évaluation neurologique permettra d’écarter ou non une maladie de Parkinson. En parallèle, un suivi thérapeutique pharmacologique de la
fluoxétine est en cours. En cas de surdosage, la  posologie de fluoxétine pourra être diminuée.  Si le symptôme persiste, un traitement symptomatique par trihexyphénydile sera proposé. L’autre alternative serait de prescrire une classe d’antidépresseur différente. Dans la base nationale de pharmacovigilance, 6 cas de trismus sous fluoxétine et 2 cas sous escitalopram ont été rapportés. Le cas actuel a été signalé au CRPV.

Les examens complémentaires cités permettront d’orienter le diagnostic et de définir la conduite à tenir : diminution posologique associée ou non à un correcteur ou changement de classe thérapeutique.

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