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Introduction
Les troubles dépressifs majeurs (TDM) résistants à plusieurs lignes de traitement antidépresseur sont un problème fréquent dans notre établissement de santé spécialisé en psychiatrie. Pour les patients les moins répondeurs, le recours à une prescription d’inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) non sélectifs est une alternative. Suite aux difficultés d’approvisionnement de l’iproniazide (Marsilid®) depuis 2012, une spécialité sous autorisation temporaire d’utilisation (ATU) nominative est importée, la phenelzine 15 mg (Nardil®). L’objectif de ce travail est d’évaluer la balance bénéfice/risque chez les patients présentant un épisode dépressif majeur (EDM) résistant.
Matériels et méthode
Nous avons réalisé une étude rétrospective des prescriptions de Nardil® 15 mg depuis le début de son ATU. Les paramètres étudiés étaient : l’âge, le sexe, les traitements antidépresseurs antérieurs, l’indication, les associations, la tolérance et le motif d’arrêt si le traitement n’est plus en cours. Les données ont été extraites du dossier patient informatisé.
Résultats
Au total, 31 patients ont été traités par phenelzine dans notre établissement depuis 2012, parmi eux, 11 patients sont toujours en cours de traitement. L’âge moyen est de 56,1 ans et le sex ratio F/H de 1,2. Tous les patients ont reçu plusieurs lignes de traitements antidépresseurs avant l’initiation de l’IMAO et 35% ont été traités par électroconvulsivothérapie (ECT). L’indication est pour 68% des patients le TDM unipolaire résistant, pour 29% des patients le trouble bipolaire avec EDM résistant et pour 3% d’entre eux (un patient) le trouble schizo-affectif avec EDM résistant. Dans le trouble unipolaire, le Nardil est essentiellement utilisé en monothérapie (90.5%) alors que dans le trouble bipolaire et le trouble schizo-affectif, il estmajoritairement associé à un thymorégulateur ou à un antipsychotique atypique. Les patients actuellement en cours de traitement, qui représentent 35%  des patients, ont une bonne tolérance et une bonne efficacité. Pour 23% des patients la raison de l’arrêt du traitement n’était pas précisée dans le dossier patient, pour 26% des patients, les effets indésirables, en particulier ceux liés à la baisse de la tension artérielle (vertiges, acouphènes, troubles de l’équilibre) et le virage hypomaniaque sont responsables de l’arrêt du traitement, dans 13% des cas l’inefficacité est en cause et dans 3% des cas le patient a arrêté lui-même son traitement.
Conclusion
Dans plus d’un tiers des dépressions multirésistantes, la balance bénéfice/risque de la phenelzine est positive. Cependant, les effets indésirables présents chez un quart des patients ainsi que les nombreuses interactions médicamenteuses et les contraintes alimentaires peuvent être un frein à son utilisation.

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