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De nombreuses recherches ont documenté les modalités de l’humour chez l’adulte dans des populations tout-venants et psychiatriques. Un intérêt tout particulier a été apporté à cette question dans la mesure où des formes d’humour spécifiques, ou, la manière d’interpréter l’humour, seraient caractéristiques de certains troubles psychiatriques (ex : schizophrénie, autisme…). Ils pourraient également être un marqueur de facteurs de risque associés au développement de troubles psychiatriques. Si de nombreuses données ont été recueillies chez l’adulte, cette question reste peu documentée chez l’enfant. Dans cette population, les données manquent, autant en population témoin qu’en population psychiatrique. Ainsi, l’objectif de cette étude était de documenter le processus de compréhension de l’ironie chez des enfants tout venant de 7 à 10 ans.
L’ironie résulte de la non congruence entre ce que l’on pense (aspect de théorie de l’esprit) et ce que l’on dit (aspect de psycholinguistique). Quatre histoires, se terminant par chacune par une remarque ironique différente (compliment hyperbolique, compliment contrefactuel, critique hyperbolique, critique contrefactuelle) ont été présentées à 44 enfants (26 filles et 18 garçons) : 14 enfant dans le groupe des 7-8 ans (8 filles, 6 garçons), 15 dans le groupe des 8-9 ans (8 filles, 7 garçons) et 15 dans le groupes des 9-10 ans (10 filles, 5 garçons). Suite à chaque histoire, une série de questions étaient posées à l’enfant à l’occasion d’un entretien individuel, afin de vérifier sa compréhension. Les analyses ont consisté en des ANOVA par mesures répétées et des tests post-hoc avec correction de Bonferroni.
Les résultats n’ont pas mis en évidence d’effet significatif du facteur « âge » : la compréhension de l’ironie ne s’améliorerait pas significativement entre 7 et 10 ans. En revanche le facteur « sexe » était significatif (F(1, 40) = 50,48 ; p=0,007): les filles de 7 à 10 ans comprenaient mieux l’ironie que les garçons. Enfin, un effet significatif du facteur « type d’ironie » a également été mis en évidence (F (3, 120) = 15,68 ; p≤0,001) : le type d’ironie le mieux compris était le compliment contrefactuel (significativement mieux compris que la critique contrefactuelle ; p≤0,001). Puis, le compliment hyperbolique arrivait en 2ème position. Il était significativement mieux compris que la critique contrefactuelle (p≤0,001). Enfin, la critique hyperbolique arrivait en 3ème position, devant la critique contrefactuelle (p=0,004). Il y a donc un effet de la valence émotionnelle de l’ironie : le compliment étant mieux compris que la critique.
Ces résultats restent à confronter avec des données recueillies en population d’enfants présentant des troubles psychiatriques afin d’évaluer si, comparativement aux témoins, ceux-ci présentent des spécificités quant au traitement de l’ironie.

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