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Introduction– La schizophrénie est caractérisée par un trouble de la communication qui entrave les relations interpersonnelles et contribue au handicap social associé à la maladie. Les personnes atteintes de schizophrénie sont particulièrement en difficulté lorsqu’il s’agit de comprendre les messages non littéraux, très fréquents dans la communication verbale. Plusieurs facteurs pourraient être impliqués dans ces difficultés : (i) un trouble de base des compétences langagières, (ii) un trouble de la mentalisation, soit la capacité à attribuer des états mentaux à autrui, et/ou (iii) un déficit de traitement du contexte. L’objectif de cette étude était d’évaluer la part respective de ces facteurs dans les difficultés de compréhension du langage non littéral dans la schizophrénie.
Méthode- Douze patients présentant une schizophrénie et douze sujets contrôles appariés ont complété une tâche de compréhension verbale. Le matériel était composé de 72 histoires courtes mettant en jeu deux personnages. Chaque histoire était rédigée dans une version littérale et une version ironique (ex : Pierre a toujours adoré / détesté les pâtes. Pour le dîner, sa mère a préparé des spaghettis. Pierre dit : Je suis vraiment content !). Les histoires étaient suivies d’une question qui portait soit sur le contenu factuel, soit sur la correspondance entre l’énoncé et l’état mental du personnage (ex : Est-ce que la mère de Pierre a préparé des spaghettis / du poulet ? vs Est-ce que Pierre dit ce qu’il pense / l’inverse de ce qu’il pense ?). La moitié des questions attendaient une réponse « oui », l’autre moitié une réponse « non ».
Résultats– L’analyse du pourcentage de bonnes réponses a révélé qu’il n’y avait pas d’effet principal du groupe (F<1). Cependant, il y avait une interaction significative Groupe * Type de langage * Question (F(1,22) = 4.496 ; p = 0.045) : tandis qu’il n’y avait pas de différence entre les groupes lorsque les questions étaient factuelles, les patients donnaient moins de bonnes réponses que les sujets contrôles aux questions mentales et ce, uniquement lorsque les histoires étaient ironiques.
Conclusion– Ces résultats suggèrent que les difficultés de compréhension du langage non littéral dans la schizophrénie ne sont ni le résultat d’un déficit de base des compétences langagières (i.e. la performance globale des patients à la tâche de compréhension verbale était comparable à celle des sujets contrôles), ni la conséquence d’un déficit de mentalisation (i.e. les patients ne présentaient pas de difficultés lorsqu’il s’agissait de répondre aux questions mentales en général). Ils indiquent plutôt que les difficultés de mentalisation apparaissent spécifiquement lorsque le contexte est ambigu, comme dans l’ironie. En plus de leur intérêt fondamental, ces résultats invitent à considérer le traitement du contexte comme une cible cruciale devant faire partie intégrante des programmes de remédiation de la cognition sociale.  

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