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Introduction
La capacité à former des images mentales nettes est un trait cognitif qui présente une grande variabilité inter-individuelle. Cette capacité n’a que rarement été étudiée dans le trouble de stress post-traumatique (TSPT), alors que cette pathologie entretient des liens étroits avec les images mentales, notamment au travers des reviviscences. Certains ont fait l’hypothèse qu’une capacité accrue à former des images vivides pourrait être un facteur favorisant ou tout du moins aggravant du TSPT, rendant alors les reviviscences visuelles plus intenses et envahissantes. Pour d’autres, cette capacité pourrait être associée à une certaine flexibilité mentale favorisant le processus de résilience.
 
Méthode
Nous avons recruté des patients polytraumatisés (N = 64) pris en charge entre le 1er Novembre 2015 et le 1er Juillet 2016 par un trauma center de niveau 1, à la suite d’accidents de la voie publique ou de chutes graves. Ces patients ont été dépistés pour le TSPT à 3 et 6 mois post-accident par l’échelle PCL-5 avec un seuil de positivité de 38.
La capacité d’imagerie mentale des sujets a été évaluée par l’échelle VVIQ (Vividness of Visual Imagery Questionnaire) et les scores moyens des groupes TSPT et Exposés sains ont été comparés.
 
Résultats
Sur les 64 patients inclus, 28.1% étaient positif pour le dépistage du TSPT à 3 ou 6 mois post-accident. La moyenne des scores de VVIQ était significativement plus faible (p = 0.04) dans le groupe TSPT (M = 117.2, SD = 28.8) que dans le groupe Exposés sains (M = 130.4, SD = 20.7).
 
Discussion
Ces résultats semblent davantage en faveur d’un rôle protecteur de la capacité d’imagerie mentale vis-à-vis du TSPT. Ceci pose la question de la pertinence de l’entrainement à la visualisation mentale en prévention du TSPT dans les populations régulièrement exposées à des évènements à haut potentiel traumatique (militaires, forces de l’ordre, pompiers, …). La pratique de la relaxation pourrait être une piste à explorer, car il est montré que les sujets qui la pratiquent régulièrement ont un score moyen de VVIQ supérieur à celui des individus non entrainés.
 
Cependant, la VVIQ n’ayant été mesurée qu’après l’installation du trouble, son altération chez ces sujets pourrait n’être qu’une conséquence de la maladie et non une caractéristique pré-existante. Dans ce cas, cette particularité pourrait être la résultante de l’hypervigilance, des troubles attentionnels, ou correspondre à un conditionnement à l’évitement des contenus visuels imaginatifs développé en réponse à des reviviscences traumatiques fréquentes.
 
Conclusion
La vivacité des images mentales apparait plus faible dans le groupe TSPT que dans le groupe Exposés sains. De futures études devraient permettre de déterminer s’il s’agit d’une cause ou d’une conséquence de la maladie, en s’intéressant notamment à l’évolution du score de VVIQ après traitement.

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