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Malgré les progrès psychopharmacologiques et les différentes approches psychothérapeutiques, la schizophrénie reste une maladie souvent invalidante. En particulier, on observe un déficit important dans les habilités sociales chez les patients. Celui-ci peut les empêcher de participer à une vie sociale satisfaisante, devenir une source importante de stress et ainsi empirer la symptomatologie psychotique. Pour ces raisons, l'entraînement aux habilités sociales représente une intervention structurée importante pour une réhabilitation efficace de la schizophrénie. Si des études de validation de ce type d’entraînement ont été faites chez les patients schizophrènes dans la communauté, leur impact dans le milieu carcéral reste peu connu. Compte tenu de l’augmentation exponentielle des patients psychiatriques en détention ou sous régime de mesures, cette question devient d’actualité. Nous avons évalué la faisabilité et l’efficacité d’un programme groupal d’entraînement aux habilités sociales chez quatre patients-détenus dans l’établissement de mesures « Curabilis » (Genève- CH), créé il y a 2 ans pour accueillir des sujets avec graves troubles mentaux impactant leur responsabilité pénale et leur risque de récidive.Les participants, qui présentaient tous un diagnostic de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif, après avoir donné leur consentement éclairé, ont été évalués en pré-test et post-test après douze séances d’entraînement basées sur le jeu Compétence, conçu pour entraîner les habilités sociales des patients psychotiques, et un feedback vidéo. L’impact de l’entraînement a été mesuré à l’aide de l’adaptation française abrégée du test d’évaluation des habilités sociales Assessment of Inter-personnal Problem Solving Skills (AIPSS). Les résultats montrent une amélioration chez tous les participants dans les habilités sociales après l’entrainement, avec une tendance positive dans les différentes catégories évaluées. Les améliorations les plus importantes sont observées dans les habilités verbales d’émission ainsi que dans l’habilité à traiter l’information. La moyenne des taux de réussite chez trois patients change légèrement entre pré-test et post-test ( +5% , +17%, +8%). Un quatrième patient montre une évolution du taux de réussite plus importante (+ 26.2%). En conclusion, malgré le petit nombre de participants et l’absence d’un groupe contrôle, les résultats obtenus indiquent la faisabilité de l’entraînement aux habilités sociales dans le contexte carcéral et l’amélioration est comparable à celle observée dans d’autres milieux de soins. Par ailleurs, diverses études montrent l’importance de se référer à des problèmes pratiques et réels entre les séances pour l’apprentissage et la généralisation des habilités sociales. Pour ces raisons nous imaginons qu’un entraînement des habilités sociales, qui prévoit une intégration progressive dans la communauté, pourrait se révéler encore plus efficace dans la réhabilitation des patients-détenus.

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