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Introduction
Les traitements psychotropes sont caractérisés par une proportion importante d’échec thérapeutique (20 à 30%) et de nombreux effets secondaires qui impactent grandement l’observance de certains patients en psychiatrie. Cette variabilité interindividuelle de réponse aux médicaments psychotropes s’explique par des facteurs sociodémographiques, environnementaux, et pharmacologiques. En particulier, certains patients vont présenter des profils de métabolisme différents en raison de polymorphismes génétiques ciblant les gènes codant pour les isoformes des cytochromes P450 (CYP) CYP2D6 et CYP2C19. Ces enzymes, responsables du métabolisme de nombreux antidépresseurs et antipsychotiques, vont alors exprimer une activité fortement diminuée chez les patients dits « métaboliseurs lents », ou inversement fortement augmentée chez les patients métaboliseurs « ultra-rapides ». Ainsi, ces différents statuts métaboliseurs pourraient expliquer en partie les problématiques cliniques évoquées en psychiatrie. L’analyse pharmacogénétique des CYP2D6 et CYP2C19 s’avère alors être un outil intéressant pour prédire une réponse thérapeutique et/ou prévenir une toxicité chez certains patients, dans l’objectif d’une prescription personnalisée et sécurisée.
Méthode
Nous rapportons ici les cas de 2 patients dont la prise en charge pharmacologique, initialement complexe, a été optimisée par l’analyse pharmacogénétique des CYP2D6 et CYP2C19.
Résultats
Mr M. est pris en charge pour trouble anxio-dépressif résistant depuis 4 ans malgré de nombreuses lignes de traitement, associé à d’importants effets indésirables. Seule la sertraline a permis la disparition de ces effets ainsi qu’une rémission clinique complète. L’analyse pharmacogénétique a mis en évidence un métabolisme de référence du CYP2C19 et un métabolisme lent du CYP2D6. Ces profils permettent ainsi d’expliquer la toxicité des antidépresseurs prescrits et l’amélioration clinique observée sous sertraline, uniquement métabolisée par le CYP2C19.
Mr T. est pris en charge pour un trouble de l’humeur bipolaire, en errance thérapeutique depuis 1 an. L’analyse pharmacogénétique a mis en évidence un métabolisme lent du CYP2D6 et un métabolisme ultra-rapide du CYP2C19. Ces résultats permettent d’expliquer en partie l’origine de la mauvaise réponse clinique de ce patient, sans toutefois identifier l’origine des effets indésirables apparus sous certains médicaments non métabolisés par les CYP2D6 et CYP2C19.
Conclusion
L’utilisation de la pharmacogénétique des CYP2D6 et CYP2C19 permet actuellement d’expliquer rétrospectivement des difficultés thérapeutiques chez certains. En amont de l’initiation du traitement, une systématisation de ces analyses permettrait d’anticiper les échecs thérapeutiques potentiels tout en sécurisant l’utilisation des médicaments psychotropes.

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