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Introduction
Chez les patients atteints de schizophrénie, la réponse au traitement et la survenue d'effets indésirables  (EI) sont caractérisés par une grande variabilité interindividuelle. La variabilité génétique des cytochromes P450 (CYP) 2C19 et 2D6 est un facteur pouvant influencer la pharmacocinétique des antipsychotiques. Des études récentes ont souligné l'intérêt d’identifier les patients présentant un profil de métabolisme lent (ML) ou ultrarapide (MUR). Cependant, des études cliniques semblent essentielles pour confirmer la relation entre les phénotypes prédits et la réponse au traitement. Le but de cette étude était d'évaluer l'impact des phénotypes prédits des CYP2C19 et CYP2D6 sur l'efficacité et la toxicité des traitements antipsychotiques dans une population schizophrène.
Méthode
Nous avons mené une étude rétrospective (mai 2011 à mai 2015) incluant les patients ayant bénéficiés d’un génotypage des gènes CYP2C19 et CYP2D6. L’analyse génétique du CYP2C19 a recherché les variants *2 et *17, responsables d’une diminution ou d’une augmentation de l’activité enzymatique, respectivement. L’analyse génétique du CYP2D6 a recherché les principaux variants allèliques responsables d’une diminution de l’activité ainsi que la duplication du gène entrainant l’augmentation de l’activité enzymatique. La réponse au traitement et la toxicité ont été évaluées par l’échelle de PANSS et l’échelle  « UKU Side Effect Rating Scale ». Les profils de métabolisme ont été comparés aux échelles cliniques par des tests de l’ANOVA et de Mann-Whitney U (p <0,05).
 
Résultats
279 patients ont été inclus, (sex-ratio de 2,5, âge médian de 34 ans (17-65 ans)). Les patients ont été principalement traités pour schizophrénie paranoïde (n=198). L’analyse commune des deux gènes CYP2C19 et CYP2D6 a été réalisée pour 202 patients. Les profils de métabolisme répartis en 4 classes (métabolisme de référence (MN), intermédiaire (MI), ML ou MUR) étaient respectivement de 67,0% (n=187), 28,0% (n=78), 1,1% (n=3), 3,9% (n=11) pour le gène CYP2C19 et 71,3% (n=144), 17,8% (n=36), 2,5% (n=5), 8,4% (n=17) pour le gène CYP2D6. Le score de l’échelle UKU IV était plus élevé pour les patients MUR pour le CYP2C19 (p = 0,04). Les patients ML pour le CYP2C19 présentaient une tendance à un meilleur score de PANSS (p = 0,09). Aucune différence significative n'a été retrouvée entre les scores des échelles cliniques et les différents phénotypes prédits du cytochrome CYP2D6.
Conclusion
Sur une large cohorte, ces résultats sont en faveur d'un impact clinique des polymorphismes génétiques du CYP2C19 chez les patients schizophrènes. Cependant, aucune association n'a été observée entre les échelles cliniques et l'activité du cytochrome CYP2D6, qui est incohérent avec certaines données de la littérature. D'autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer l’impact exact des polymorphismes génétiques dans la prise en charge du patient en psychiatrie.

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