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Introduction

L’apathie est habituellement définie comme une diminution des comportements dirigés vers un but. Bien qu’elle soit observée chez environ 30 % des déprimés, les mécanismes neurovasculaires sous-tendant l’apathie, notamment chez ces patients, restent peu connus.

L’objectif principal de cette étude était de comparer la perfusion cérébrale des sujets déprimés apathiques aux déprimés non apathiques mesurée par Arterial Spin Labeling (ASL). L’ASL est une technique IRM permettant de mesurer la perfusion cérébrale de manière quantitative et non-invasive en utilisant le sang artériel comme traceur endogène. Les objectifs secondaires étaient d’étudier leur profil clinique et sa corrélation avec les données de perfusion.

 

Méthode

L’étude a été menée à partir d’une cohorte de sujets déprimés répondant aux critères du DSM IV-TR, inclus entre novembre 2014 et juin 2016 à Rennes (www.clinicaltrial.gov ; NCT02286024).

83 sujets déprimés ont été inclus, parmi lesquels 22 étaient apathiques (AES ≥ 42), 61 non apathiques (AES < 42). Chacun bénéficiait d’une évaluation clinique avec passation d’échelles, notamment d’apathie (AES), d’anxiété (STAI) et d’anhédonie (SHAPS) et d’une IRM cérébrale. Les données IRM incluaient une séquence anatomique 3D pondérée en T1 (3D-T1w) et une séquence d’ASL pulsé (pASL) PICORE Q2TIPS.

La 3D-T1w a été segmentée en tissus cérébraux tandis que la série ASL a été corrigée en mouvement puis recalée sur la 3D-T1w avant d’être quantifiée pour produire une carte de débit sanguin cérébral (DSC). Toutes les données anatomiques et de perfusion ont été spatialement normalisées sur l’atlas du MNI. Une analyse statistique basée en régions d’intérêt (ROI) a enfin été menée pour comparer le DSC entre les groupes apathique et non apathique. Les ROIs concernées étaient définies à l’aide de l’atlas AAL.

 

Résultats

Sur le plan clinique, les déprimés apathiques étaient significativement moins anxieux et moins anhédoniques.

Les sujets apathiques perfusaient plus que les non apathiques au niveau du gyrus frontal inférieur (p = 0.022). On retrouvait une corrélation positive entre apathie et perfusion du gyrus frontal inférieur gauche (p = 0.05, r = 0.21).

Le niveau d’anxiété-état était positivement corrélé à la perfusion des cortex cingulaires antérieur et postérieur, de l’insula et de l’amygdale gauche. L’anhédonie était positivement corrélée à la perfusion du cortex préfrontal ventromédial, des cortex cingulaires antérieur et postérieur et de l’insula.

 

Conclusion

Nous avons montré que les profils cliniques et perfusionnels des sujets déprimés apathiques et non apathiques diffèrent. Cette étude suggère l’existence de deux réseaux neuro-biologiques distincts chez les sujets déprimés ; l’un, impliquant des réseaux motivationnels chez les patients apathiques, l’autre impliquant des réseaux émotionnels chez les sujets plus anhédoniques.

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