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Introduction

L'empathie consiste en la capacité à ressentir, à partager, à réagir à, de même qu'à comprendre les expériences vécues et les états mentaux d'autrui (Davis, 1994 ; Thirioux et al., 2014). Selon l'hypothèse que les déficits empathiques faciliteraient les actes anti-sociaux ou agressifs, qu'en est-il du cas particulier des violences sexuelles, qui confrontent directement les agresseurs à la souffrance de leurs victimes ?

Les résultats des études de ces 30 dernières années sur l'empathie chez les agresseurs sexuels sont contradictoires :

- pour certains auteurs les déficits empathiques seraient généralisés,

- pour d'autres ils seraient spécifiques à certaines composantes de l'empathie,

- pour d'autres encore ils ne s'appliqueraient qu'aux victimes potentielles – voire réelles.

Afin d'étudier l'empathie chez les agresseurs sexuels, Marshall et al., (1995) ont proposé le modèle de processus empathique suivant : 1) la reconnaissance des émotions ; 2) la prise de perspective ; 3) la réplication des émotions ; 4) la réponse décisionnelle.

L'objectif de cette brève revue de la littérature est d'analyser les études menées sur l'empathie chez les agresseurs sexuels à travers les trois premières étapes de ce modèle, afin de clarifier si les déficits sont généralisés, restreints à une seule étape ou bien ne se manifestent que dans certaines circonstances.

 

Méthode

Cette revue s'est focalisée sur les travaux publiés depuis 30 ans et traitant de l'empathie chez les hommes agresseurs sexuels de femmes et/ou d'enfants. La base de données PubMed a été interrogée à l'aide des mots-clefs « sexual offenders », « rapists », « empathy », cognitive distortions » et « theory of mind ». Parmi les 87 articles retenus, les 33 plus pertinents ont été sélectionnés.

 

Résultats

L'examen de la littérature montre que les agresseurs sexuels éprouveraient, dans certains cas, des difficultés à identifier des émotions spécifiques. Leurs capacités de prise de perspective varieraient entre, faibles pour certains, et normales pour d'autres.

Confrontés à la souffrance de leurs victimes, leur contagion émotionnelle serait inhibée. Les altérations observées ne dénoteraient pas un déficit général d'empathie mais découleraient plutôt du contexte, de distorsions cognitives ou d'une indifférence pour les victimes.

Certains agresseurs sexuels seraient capables de se décentrer au point de comprendre les états mentaux de leurs victimes, mais en demeurant toutefois suffisamment égo-centrés pour ne pas s'identifier à elles et partager leur ressenti.

 

Conclusion

Cette mise au point permet de dépasser la considération générale commune concernant le manque d'empathie chez les agresseurs sexuels en éclairant plusieurs processus qui permettent d'expliquer, de justifier ou d'excuser à leurs yeux la genèse et le maintien de leur comportement.

Il serait intéressant d'étudier, par des techniques d'imagerie cérébrale, les mécanismes de changements de perspective chez les agresseurs sexuels.

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