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Introduction : Les hallucinations non psychotiques représentent une symptomatologie non négligeable en pédopsychiatrie. Une telle expérience est très souvent considérée comme un phénomène développemental transitoire et bénin. Malgré tout, les travaux récents recherchent des facteurs de risques d’évolution vers une pathologie psychotique chez ces enfants à l’hallucination « isolée ». La persistance et l’aggravation de l‘expérience hallucinatoire signerait une mauvaise évolution des troubles de l’enfant. Des signes précoces d’apparition et de persistance des hallucinations non psychotiques doivent être recherchés pour ajuster la prise en charge diagnostique et thérapeutique. Décrit comme un évènement cognitif intrusif réactionnel à un mécanisme de défense défaillant face au stress, nous proposons de comparer le profil cognitif et émotionnel des enfants présentant des hallucinations acoustico-verbales non psychotiques, à ceux d’enfants sans hallucinations, afin d’identifier des marqueurs influençant l’apparition et la persistance de ce symptôme.
Méthode : Une étude multicentrique prospective de type cas-témoin, longitudinale sur 6 mois, incluait des patients âgés de 6 à 18 ans, présentant des hallucinations acoustico-verbales sans diagnostic de psychose. La cognition sociale était évaluée à l’aide de la NEPSY II avec les tâches de « théorie de l’esprit » et « reconnaissance des émotions ». Le facteur émotionnel était évalué à l’aide de l’EED IV, pour établir un profil émotionnel de l’enfant, et de la BAVQ-R, catégorisant le vécu de l’enfant face à ses voix. Une analyse statistique des résultats obtenus est en cours de réalisation.
Résultats : L’étude, encore en cours, a inclus 19 cas et 14 témoins. Sur les 11 enfants réévalués à 6 mois, 7 présentent encore des hallucinations et 2 répondent à un diagnostic de psychose. Les patients cas présentent majoritairement des résultats normaux aux tests de théorie de l’esprit et une plus grande difficulté à identifier la tristesse dans la reconnaissance des émotions. Ils ont un profil émotionnel hétérogène et ressentent leurs hallucinations comme toute puissante, malveillantes, luttant activement contre elles. L’appariement cas-témoins ne met actuellement pas en évidence de différence franche.
Conclusion : Les marqueurs de cognition sociale et émotionnel ne semblent pas représenter un facteur de vulnérabilité dans l’apparition et la persistance des hallucinations chez les enfants et les adolescents non psychotiques. Certains enfants continuent de présenter des hallucinations acoustico-verbales à 6 mois sans diagnostic de psychose. Ainsi, sans pouvoir conclure à un modèle psychopathologique, il apparait cependant indispensable de conserver un regard dimensionnel de ce trouble spécifique de l’enfant.

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