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Introduction : si la littérature à propos de l’hypnose souligne l’importance de l’alliance thérapeutique pour obtenir des effets probants, paradoxalement cette affirmation ne s’appuie sur aucune recherche scientifique, les études étant inexistantes sur cette thématique jusqu’à présent. Nous nous sommes intéressés à la pratique de la psychothérapie par hypnose (« hypnothérapie ») particulièrement lors des premières séances afin d’explorer la façon dont l’alliance thérapeutique s’y déployait.
Méthode : nous avons utilisé l’échelle d’alliance aidante (HAQ : versions patient et praticien). A la fin de chacune des 5 premières séances, les 2 protagonistes remplissaient l’HAQ. Le praticien ajoutait des informations sur le type de séance effectuée (hypnose formelle ou conversationnelle, pas d'hypnose, etc.) et sur certains types de contenus (prescription d’autohypnose ou non, etc.). Huit praticiens ont participé à la recherche (tous psychologues ou psychiatres avec une pratique de l’hypnothérapie depuis au moins 3 ans). 56 patients ont été inclus : moyenne d’âge 42 ans (ET : 12,95), 40 femmes et 16 hommes. Les statistiques ont été effectuées à l’aide du logiciel SPSS (IBM, v21). Les différences de scores entre les séances, en fonction de l’utilisation de l’hypnose formelle, et entre les items ont été calculées à l’aide de t de Student.
Résultats : Les psychothérapeutes surestiment toujours le niveau d’alliance par rapport à leur patient (résultat congruent avec ceux portants sur d’autres formes de prise en charge psychothérapeutiques). On observe une augmentation significative du niveau d’alliance entre la séance 1 et 5 côté thérapeute, par contre elle est non significative côté patient. En fait, les changements les plus contributifs se situent entre la première et la seconde séance, mais par la suite les choses évoluent peu côté consultant. Les évolutions de l’alliance ne dépendent pas de l’utilisation ou non de l’hypnose formelle lors d’une séance ; cependant, si l’hypnose est employée, le patient a la perception que son thérapeute fait plus d’efforts, que le suivi est plus constructif, et il se sent plus apprécié par son praticien. On retrouve ces appréciations côté thérapeute lorsque l’hypnose est employée, avec le sentiment de bien répondre à la demande, que des efforts pertinents sont faits, que le patient se sent compris et apprécié.
Conclusion : Les résultats tendent à montrer que la dynamique de l’alliance dans les premières séances d’hypnothérapie relèvent plus de facteurs d’ajustement du praticien vis-à-vis de son patient que d’une évolution du consultant au cours des premières séances. L’utilisation de l’hypnose en séance de psychothérapie accentue le sentiment d’un travail vers l’objectif en congruence avec la forme de travail « attendu ». Le sentiment d’être compris et apprécié est plus important lorsque l’hypnose est employée ; résultats qu'il reste à mettre en lien avec la littérature existante entre hypnose et processus empathiques.

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