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Background
La mémoire autobiographique permet à chacun de construire un sentiment d’identité et de continuité dans le temps et l’espace. La mémoire autobiographique volontaire (MAV) est moins spécifique chez les patients présentant un épisode dépressif majeur par rapport aux sujets sains. L’influence des troubles dépressifs est-elle la même sur les souvenirs qui se présentent à nous spontanément (Mémoire Autobiographique Spontanée – MAS)? Le phénomène de remémoration spontanée s’inscrit dans le processus de mind-wandering (MW), ou vagabondage de l’esprit. En effet il constitue une partie du flux de nos pensées lorsque notre esprit se détache de l’activité en cours et vagabonde. Cette propension à se déconcentrer est plus importante chez les patients dépressifs, et leur MW serait plus dirigées vers le passé comparativement à des sujets contrôles.
Objectifs
Ce travail a pour objectif d’étudier le MW, la MAS et la MAV chez des sujets dysphoriques non déprimés (définis par des scores élevés à la Beck Depression Inventory scale, BDI) et des sujets non dysphoriques. Notre hypothèse était que les sujets dysphoriques présenteraient plus de MW dirigé vers le passé, donc plus de MAS que les sujets non dysphoriques. Les caractéristiques en terme de spécificité (détails des souvenirs) et de point de vue de la MAS ne seraient en revanche pas ou peu modifiées, contrairement à celles de la mémoire volontaire.
Matériels et méthodes
16 sujets dysphoriques (score BDI>15, age moyen=22,3 +-SD=2,1, BDI moyen=21,8 +-SD=5,6) et 37 sujets non-dysphoriques (score BDI<8, age moyen = 26 ans+- SD= 5,9, BDI moyen = 2 +-SD= 1,5) ont été évalués au moyen de deux tâches monotones d’attention au cours desquelles des sondes de pensée se présentaient aléatoirement, évaluant la nature et les caractéristiques de la pensée du sujet. Chaque sujet a également complété une tâche de mémoire volontaire.
Résultats
Nous avons observé plus de pensées non liées à la tâche dans le groupe dysphorique (D) que dans le groupe non dysphorique (ND) (D = 8,5 ET= 0 ,7 , ND = 5 ET=1, p <0.03). Ces pensées n’étaient pas plus dirigées vers le passé dans le groupe dysphorique. Les souvenirs involontaires étaient moins spécifiques dans le groupe dysphorique que dans le groupe non dysphorique (D = 2,6, ET= 1,1 ND= 2,6 ET=1,5 p<0.05). Le positionnement des sujets dans leurs pensées involontaires était plus spectateur dans le groupe dysphorique que dans le groupe non dysphorique. La valence émotionnelle des souvenirs volontaires et spontanés ne différait pas entre les deux groupes.
Conclusion
Une partie de nos résultats converge avec nos hypothèses et avec la littérature s’intéressant à la dépression, notamment concernant la propension à faire plus de MW et à avoir un positionnement plus spectateur dans les pensées. Ces résultats constituent un faisceau d’argument en faveur d’une dysrégulation du MW par une voie plus cognitive qu’émotionnelle dans la dysphorie.
 
 

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