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Contexte : Les antidépresseurs utilisés actuellement ciblent la neurotransmission monoaminergique mais n’ont qu’une efficacité clinique partielle. Récemment, de nombreuses preuves scientifiques s’accumulent sur l’implication d’anomalies inflammatoires dans la physiopathologie de la dépression. Or la kétamine a démontré en pratique clinique un effet antidépresseur rapide et spectaculaire qui pourrait être médié par une action anti inflammatoire liée à un impact microglial, néanmoins ceci n’a jamais été étudié in vivo. L’objectif de notre étude était de caractériser l’impact comportemental et microglial de la kétamine dans un modèle murin de dépression inflammatoire.

Matériel et Méthodes : Deux lignées de souris (C57Bl6j/RJ et CX3CR1GFP/+) étaient réparties en 5 groupes (contrôle, traité par lipopolysaccharide (LPS) 1 mg/kg, traité par kétamine seule à 90 mg/kg et deux groupes traités par LPS 1 mg/kg et simultanément kétamine à la posologie de 10 ou 90 mg/kg). 24h après l’intervention pharmacologique étaient réalisés des tests comportementaux de dépression : Novelty Supressed Feeding Test (NSF) et Splash Test (ST). 9h plus tard les cerveaux étaient prélevés pour analyse tissulaire (cytokines, chemokines par Luminex®, métabolites de la voie de métabolisation du tryptophane sur parenchyme cérébral total par chromatographie liquide à haute perfromance) et cellulaire (morphologie microgliale par microscopie confocale et phénotype microglial par RT-qPCR).

Résultats : On retrouvait chez les souris traitées par LPS : des altérations comportementales, une majoration des concentrations cérébrales de cytokines pro inflammatoires (IL-1α, IL-6) (p<0.05), une altération de la métabolisation du tryptophane (majoration de la production d’acide quinolinique) (p<0.05), une polarisation microgliale vers un phénotype M1/M2b et une majoration de la taille des corps cellulaire et cytoplasmique en morphologie (p<0.05). La kétamine permettait d’atténuer tous ces effets et entrainait en outre une polarisation M2a des cellules microgliales.

Conclusion : Ces résultats confortent l’hypothèse de l’implication microgliale dans la physiopathologie de la dépression et de son rôle clef dans l’efficacité de la kétamine qui aurait un effet antidépresseur en partie du fait de sa capacité à moduler l’activation microgliale etdonc certaines anomalies neuro inflammatoires.

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