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La détection précoce des patients à risque de développer une schizophrénie est un enjeu de santé publique et il est donc important d’en connaître les signes d’alertes. Cette étude est une étude descriptive rétrospective des symptômes non transitoires de l’enfance et de l’adolescence de patients schizophrènes, ainsi qu’une chronologie de leur apparition. La symptomatologie de l’enfance et de l’adolescence a été collectée à l’aide d’une grille de recueil basée sur une revue de la littérature, dans les dossiers pédopsychiatriques de patients diagnostiqués schizophrènes, au sein de plusieurs hôpitaux de la Lorraine en France. Les symptômes recueillis étaient définis en six dimensions : symptômes cognitifs/développementaux, fonctionnels, d’anxiété, comportementaux/d’impulsivité, thymiques, négatifs, positifs/de discordance.Les dossiers pédopsychiatriques de 124 patients de Lorraine répondant aux critères d’inclusion ont été étudiés. L’âge moyen du diagnostic était de 20,7 ans (Ecart-type, ET=3,7). Le diagnostic principal était celui de schizophrénie paranoïde. Soixante-seize pourcents de la population présentait des caractéristiques psychosociales, facteurs de risques environnementaux, incluant 49 % qui en présentait plusieurs. Des antécédents psychiatriques familiaux ont été retrouvés chez 63,5 %. Un changement significatif du fonctionnement a été retrouvé chez 36,2 % des sujets à un âge moyen de 14,8 ans (ET=1,9) ce qui pourrait correspondre à l’entrée en phase prodromique. Si aucune dimension clinique ne se détachait en termes de sévérité, le moment d’apparition des dimensions était variable au cours du développement de l’enfant. En effet, les troubles cognitifs étaient les plus précoces à apparaître vers 12,2 ans. Les symptômes fonctionnels (12,2 ans), d’anxiété (12,4 ans), comportementaux (12,3 ans) et négatifs (12,6 ans) apparaissent quasiment au même âge, qui correspond au début de la puberté. Les symptômes thymiques (13,8 ans) et symptômes positifs (14,1 ans) apparaissent plus tardivement. Ce sont eux les plus fréquemment retrouvés dans la phase prodromique. Les symptômes les plus fréquents étaient le retard scolaire, les troubles du sommeil, les angoisses, les troubles des conduites, les conduites oppositionnelles, l’isolement social et les bizarreries qui concernent plus d’un patient sur 3. Les résultats de cette étude confortent les données de la littérature. Cependant, l’absence d’une symptomatologie pathognomonique d’une évolution vers la schizophrénie semble nécessiter l’association du repérage clinique à l’étude de marqueurs biologiques ou radiologiques spécifiques afin d’améliorer la détection de ces jeunes patients à risque.

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