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Introduction : Le Liban accueille plus d’un million et demi de réfugiés syriens. Les organisations fournissant des services en santé mentale et support psychosocial MHPSS  (mental health and psychosocial support services) se basent surtout sur les interventions individuelles centrées sur le traumatisme (psychothérapie et psychothérapie) bien que les recommandations internationales favorisent les interventions communautaires psychosociales en1ere intention. Notre étude explore les services MHPSS tels que perçus par les réfugiés syriens et les soignants, ainsi que les attitudes et perceptions des besoins concernant la santé et la maladie mentale.
Methode : Méthodologie qualitative basée sur l'anthropologie médicale. Collecte des données : 1) Réfugiés syriens : 50 bénéficiaires de services MHPSS dans les régions de Beyrouth et la Bekaa, entre 18 et 65 ans, et ayant un diagnostic psychiatrique établi. Outils : entretiens qualitatifs basés sur l’étude de cas et la technique de l’histoire de vie, qui analyse les modes de construction de l’expérience de la maladie ; groupes de discussions 2) Soignants : 50 acteurs impliqués et prestataires de soins occupant différentes positions et travaillant dans diverses organisations. Outils : entretiens semi-structurés.. Accord éthique : Projet approuvé par le comité d’éthique de l’Université Saint-Joseph. Analyse des données : Logiciel pour organiser les données qualitatives: Atlas.ti
Résultats : Parmi les réfugiés syriens, 30 % avaient à la base un diagnostic de PTSD, 60 % de dépression, et 10% de bipolarité. La plupart des syriens ne se reconnaissaient pas comme ayant un diagnostic psychiatrique et attribuaient leur mal-etre aux conditions de précarité sévère. La stigmatisation culturelle liée à la maladie mentale expliquait l’irrégularité du suivi chez la majorité. Les consultations individuelles étaient percues de manière récurrente comme étant moins bénéfiques que les interventions de groupe (guidance parentale, groupes de support pour les femmes, sessions d’éducation). Leur compréhension de la psychothérapie classique était en décalage avec celle des soignants: les refugiés mettaient surtout en avant leur besoin d’etre aidés à gérer leur vie quotidienne de réfugiés au Liban, plutôt que leur vécu en Syrie, notamment avec la confusion des rôles sociaux, et l’émergence de violence conjugale ; alors que les soignants rapportaient surtout l’importance de parler de leur traumatisme de guerre et de leur vécu en Syrie.
Conclusion : Cette étude qualitative exploratoire suggère que les interventions MHPSS devraient intégrer les aspects culturels et communautaires propres aux réfugiés syriens, ainsi que leurs besoins d’augmenter leur résilience face à l’adversité de présent, plutôt que de se concentrer sur leur traumatisme de guerre. Une étude quantitative doit être faire pour confirmer ces résultats préliminaires.

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