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La buprénorphine/naloxone (Suboxone®) est référencée au livret thérapeutique de notre établissement depuis octobre 2012. C’est un traitement substitutif de la pharmacodépendance aux opioïdes (TSO) contenant un antagoniste des récepteurs opioïdes. Par voie IV, il provoque un syndrome de sevrage, visant à dissuader les patients injecteurs de toute utilisation abusive de la buprénorphine.
L’objectif de cette étude est de déterminer le contexte de prescription de la buprénorphine/naloxone au sein d’un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).
Les patients pour lesquels la buprénorphine/naloxone a été dispensée par la pharmacie à usage intérieur (PUI) de notre établissement sont inclus (octobre 2012-juin 2016). Source : relevés nominatifs des stupéfiants non injectables administrés (archives de la PUI). Audit des dossiers médicaux au CSAPA et aux archives médicales.
25 patients inclus, 23 hommes (92%), 2 femmes (8%), âgés en moyenne de 36,8 ans (+/- 10,3 ans) [20-54 ans]. Ils présentent des antécédents de consommation d’opioïdes : héroïne (n=16, 64%), codéïne (n=5, 20%) et buprénorphine (hors cadre d’une prescription médicale) (n=4, 16%). 18 patients (72%) présentent des comorbidités psychiatriques.
En file active, le nombre de patients traités par buprénorphine/naloxone représente 22% (n=9) des patients sous buprénorphine, toutes formes confondues (avec et sans naloxone associée) (n=40).
Le traitement par buprénorphine/naloxone a été initié d’emblée chez 15 patients (60%) (groupe 1). Un antécédent de mésusage de la buprénorphine est rapporté pour 8 patients de ce groupe (53,3%). Un switch de la buprénorphine prescrite vers la buprénorphine/naloxone a été effectué chez 10 patients (40%) (groupe 2). 7 patients de ce groupe ont mesusé le précédent traitement prescrit (dont 6 patients « injecteurs »). Le justificatif d’introduction de la buprénorphine/naloxone n’a pas été retrouvé pour le reste des patients (groupe 1 : n=7 (46,7%) ; groupe 2 : n=3 (16,7%)).
La notion de mésusage de la buprénorphine est retrouvée chez la majorité des patients mis sous buprénorphine/naloxone, qu’il s’agisse d’une instauration de la buprénorphine/naloxone comme premier TSO (53,3%) ou d’un switch de la buprénorphine prescrite vers la buprénorphine/naloxone (70%). La présence de naloxone dans cette spécialité présente un intérêt chez le patient ayant des antécédents de consommation de la buprénorphine hors cadre d’une prescription médicale, potentiellement tenté de vendre son TSO. Chez le patient « injecteur », la présence de naloxone présente un intérêt dans l’optique de la réduction du risque d’injection.
Malgré le faible nombre de patients inclus, l’association buprénorphine/naloxone semble être utilisée par les prescripteurs comme une alternative à la buprénorphine chez les patients mésusant cette dernière, et permet d’étoffer l’arsenal thérapeutique mis à la disposition des addictologues du CSAPA par la PUI de notre établissement.

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