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Introduction:
Dès les années 1970, des études ont été menées sur la souffrance psychique des étudiants en médecine, évaluant la prévalence de la dépression et de l’anxiété. Dans les années 1980, le concept de burn-out, non encore validé dans les classifications, a émergé pour rendre compte de l’épuisement des professionnels de santé. Dans leur méta-analyse de 2006, Dyrbye et al retrouvaient une prévalence de la dépression et de l’anxiété supérieure chez les externes en médecine à celle de la population générale. Les auteurs soulignaient également l’absence d’étude mesurant le burn-out des étudiants. Notre objectif était d’évaluer l’évolution des données depuis ces dix dernières années.
 
Méthode :
La recherche systématique a été menée en utilisant les bases bibliographiques MEDLINE et EMBASE, jusqu’en mai 2016 en utilisant les mots clés suivants : “burnout”, “medical students”, “depression” and “anxiety”. Les critères d’inclusion étaient : article de recherche originale, en anglais ou en français, publiés entre le 1er janvier 2010 et le 1er janvier 2016, quelque soit le pays d’étude. Les données devaient porter sur l’évaluation de la dépression, des troubles anxieux (définis selon les critères DSM-IV-TR) et du burnout chez les étudiants en médecine avant l’internat. Les symptômes devaient être objectivés à l'aide d'une échelle validée. Nous avons ensuite réalisé une méta-analyse des données avec le logiciel OpenMetaAnalyst.
 
Résultats :
Pour la dépression, 52 études ont été recensées. Elles incluaient 55 091 étudiants dont 14 178 souffraient de dépression. La méta-analyse estimait la prévalence de la dépression à 32,4% [27,7%; 37.1%]. Concernant la mesure de l’anxiété, la recherche systématique a retrouvé 21 études incluant 19 403 étudiants dont 4 375 souffrant de trouble anxieux. La prévalence a été estimée à 30.1% [22.9;37.2]. L’évaluation du burn-out était réalisée dans 14 études qui utilisaient toutes le Maslach Burnout Inventory. Les données portaient sur 13 341 étudiants dont 6 428 souffraient de burn-out soit une prévalence de 41,9% [33,8; 50,1]. 
 
Conclusion :
Comparativement aux autres méta-analyses et revues, notre étude explorait une période courte et récente. Cette approche permet d’analyser des données standardisées et comparables entre elles : mêmes critères diagnostiques (DSM IV- TR), mêmes questionnaires, données reflétant l’état actuel de la formation (10 dernières années).  Dix ans après la méta-analyse de Dyrbye (2006), la prévalence des symptômes anxiodépressifs reste très importante chez les étudiants en médecine : plus d’un tiers souffre de dépression et/ou de troubles anxieux. Le burn-out, entité encore discutée, semble affecter 2 étudiants sur 5 avant même le début de l’internat. D’autres études doivent être conduites pour rechercher les causes de la souffrance des étudiants en médecine et évaluer les prises en charge.

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