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Nous nous posons la question à la lecture de biographies ou à l'écoute de nos patients, que pour certains d'entre eux, le choix d'une expression artistique, peut avoir un effet thérapeutique. En effet la problématique de la personnalité qui s'y exprime, trouve un exutoire et une résilience.
Nous avons réfléchi à un peintre dont la peinture est connue pour exprimer la solitude. Il s'agit de Hopper dont certains tableaux seront repris par des cinéastes comme Hitchcock pour faire entrer le spectateur dans un univers angoissant.

 

L'expression picturale et figurative de l'intériorité de leur auteur, met en scène une relation à l'autre problématique, grâce à des jeux de regards qui ne se croisent jamais, grâce à des jeux de perspectives diffractées.
Interrogé sur son inspiration, Hopper peut dire que le tableau a été entièrement improvisé à partir de souvenirs, d'aperçus sur des pièces, des vues, au cours de ses déambulations dans la ville. Les images sont écrites dans son cerveau et elles affleurent par leurs insistances, par leurs récurrences. Retenues en quarantaine, le peintre les hiérarchise et peint alors un moment vital, une expression d'un visage, la caractéristique d'un paysage. Le monde subjectif de sa peinture n'est que la somme de perceptions passées et actuelles.
Une constante cependant dans son œuvre, c'est que le regard des couples qu'il peint, ne se croise pas, ni ne croise le nôtre. Il n’y a pas non plus d’enfant dans ses toiles, pas d’enfant qui fasse lien. Semble rendue dans ses tableaux une impasse entre les sexes.
A cet absolu de regard mis en scène dans le tableau, répond un autre absolu, celui de solitude entre les sexes qui est comme retranscrit via l’émotion qui nous submerge à la contemplation de son œuvre.
Hopper, par la pluralité des lignes de fuite de ses tableaux, ne permet pas à notre regard de converger vers un objet cause d'un désir, qu'aucun regard de ses personnages n'oriente. Notre regard est diffracté. Un sentiment d'intense solitude, comme un écran devant l'angoisse se dégage, qu'Hopper peint grâce à des jeux d'ombres et de lumières.

 

En phase avec les courants intellectuels du moment : la découverte de l'inconscient par Freud, le courant impressionniste, Hopper rend sensible la façon dont chacun est amené à faire lien social avec les autres et avec l’autre sexe. Dans ses tableaux, il rend compte de ce qui fait impasse pour lui, source de solitude et de possibles réminiscences angoissées. Mais il en fait une œuvre qui oriente et soutient son désir, donne un sens à sa vie, une  œuvre pour les autres auxquels il soumet ses tableaux  et qu'il peut fédérer ainsi,  tel un bien manufacturé et partageable dont il vit.

 

Peut-on conclure qu'œuvre d'art il y a, quand elle est capable de nous émouvoir parce qu'elle fait écho à ce qui est universel pour nous tous, par-delà les modes, à savoir ce qui nous fait être, malgré et avec ses aléas ? Une thérapie autodidacte en quelque sorte pour lui.

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