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La catatonie est un syndrome neuro-psycho-moteur commun à de nombreuses pathologies psychiatriques. Nous documentons ici le cas d'un jeune homme de 21 ans admis pour une primo-décompensation délirante, et ayant présenté une évolution catatonique malgré l’essai de plusieurs traitements antipsychotiques, incluant la clozapine. L’utilisation du zolpidem à forte dose  en monothérapie a permis une levée rapide des symptômes et un retour à l’état antérieur en quelques jours. Ce patient a été admis en service de psychiatrie pour un premier épisode au cours de ses étude d’ingénieur. Il présentait initialement des signes évoquant une schizophrénie débutante : hallucinations acoustico-verbales, idées délirantes de persécution, émoussement des affects ; l'ayant conduit à arrêter sa formation. Cependant nous ne pouvions retenir formellement le diagnostic devant l’existence de signes atypiques (mauvaise tolérance aux antipsychotiques, hallucinations visuelles) ainsi qu'une suspicion de trouble du spectre autistique de haut niveau avec notion de trouble des interactions sociales et un profil cognitif à haut potentiel retrouvé dans l’enfance. L'évolution sous amisulpride, olanzapine ou risperidone fut défavorable avec une persistance de la symptomatologie psychotique et une adhésion de plus en plus marquée aux idées délirantes. Les troubles se sont rapidement aggravés avec apparition d’une rigidité segmentaire, mussitation, stéréotypies des membres supérieurs, majoration de la richesse des idées délirantes, perplexité anxieuse et troubles de la marche. Devant cette résistance au traitement un bilan neurologique et métabolique fut réalisé, sans étiologie retrouvée. Un traitement par clozapine fut introduit et rapidement abandonné du fait d’une majoration des signes neurologiques et d’un état de régression psychomotrice. L’ensemble du tableau évoquait alors une forme catatonique de schizophrénie. Une fenêtre thérapeutique fut mise en place avec conservation d’un traitement par lorazepam, sans efficacité constatée. Une épreuve de titration au zolpidem a été réalisée en seconde intention, avec une réponse très satisfaisant. Il a été ainsi objectivé qu’une posol6ogie de 60mg/j a permis la levée rapide et durable des symptômes moteurs et l'arrêt du vécu hallucinatoire, avec une très bonne tolérance clinique. La possibilité d’un trouble du spectre autistique préexistant et le rôle potentiellement délétère des antipsychotiques ont représenté ici une difficulté diagnostique supplémentaire. La littérature évoque à de nombreuses reprises l'utilité thérapeutique et diagnostique du lorazepam dans ce contexte. L’efficacité du zolpidem est également rapportée en cas de non-réponse au lorazepam. Cependant, à notre connaissance, il n'existe pas de consensus sur la réalisation pratique de ce test. Dans notre cas, il a représenté un traitement rapide, efficace et très bien toléré.

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