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 Introduction
La prison est un lieu d’enfermement qui peut favoriser l’éclosion de troubles psychiatriques chez les détenus. Il s’agissait pour nous, d’étudier de façon générale l’ampleur des troubles  psychiatriques à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO), et spécifiquement de décrire les caractéristiques sociodémographiques et judiciaires des enquêtés, d’y déterminer la prévalence des principaux troubles psychiatriques et d’identifier les facteurs associés à l’apparition de ces troubles.
Méthode
Nous avons mené une étude transversale descriptive à passage unique du lundi 10 mars 2014 au 24 mars 2014. Ont été inclus  les détenus  qui étaient présents pendant la période d’étude ayant au moins un mois de détention et qui ont accepté de participer à l’étude. Un échantillonnage probabiliste systématique a été fait à partir du registre des détenus. Les données ont été collectées à l’aide de trois questionnaires: sociodémographique et judiciaire, médical, et le MINI. Elles ont été codées, saisies, et analysées à l’aide du logiciel SPSS 20, avec un seuil de signification  de 5%. Le protocole de recherche a reçu un avis favorable du Comité d’Ethique pour la Recherche en Santé du Burkina Faso. La recherche a été conduite conformément au protocole, et aux bonnes pratiques cliniques en matière de recherche.  
Résultats
Les prisonniers qui ont participé étaient au nombre de 419. Le sexe masculin était majoritaire. L’âge moyen des enquêtés était de 31,29+/-10,29 ans avec des extrêmes de 15 et 70 ans. Le tableau I présente les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés. La passation du questionnaire MINI a permis de relever des troubles psychiatriques chez 70,64% des enquêtés. L’insomnie actuelle était le trouble le plus fréquent noté chez 51,1% des enquêtés. Le tableau II donne les différents troubles psychiatriques diagnostiqués. Les analyses univariée puis multivariées ont permis de noter que le fait de ne pas être jugé (P= 0,045<0,05), de ne plus vivre en famille (P=0,019<0,05), d’avoir des enfants (P=0,006<0,05), étaient les principaux facteurs de risque associés à la survenue de troubles psychiatriques en milieu carcéral à Ouagadougou.
Conclusion
La passation du MINI a permis de noter une prévalence des troubles psychiatriques à 70,64 %. Ce taux de prévalence très élevé pourrait s’expliquer non seulement par les mauvaises conditions de détention, et probablement les antécédents personnels, surtout la personnalité prémorbide. Quelle est la part de responsabilité du milieu carcéral et/ou de l’histoire  personnelle de chaque détenu quant à l’émergence et au maintien de tels troubles en milieu carcéral? Telles sont les questions, auxquelles les prochaines études s’attèleront à apporter des éléments de réponse  pour une amélioration de la santé mentale des détenus.

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