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Introduction : Les trois quarts des troubles psychiatriques débutent avant l’âge de 24 ans. Or il existe un retard de diagnostic et de recours aux soins dû à de nombreuses barrières identifiées dans la littérature. Un dispositif de dépistage des troubles psychologiques a été mis en place dans 4 universités parisiennes. L’objectif de cette étude est d’analyser le discours de médecins généralistes (MG) utilisant ce dispositif.
Méthode : Depuis 2008 un dispositif de dépistage des troubles psychologiques a été instauré auprès d’étudiants parisiens. Il est composé : d’un auto-questionnaire, d’un entretien avec un MG et de la présence d’un psychologue consultable immédiatement si besoin. Près de 3000 questionnaires ont été remplis la première année et 4% des étudiants ont consulté le psychologue. Au fur et à mesure des années le questionnaire a été de moins en moins rempli (500 sur l’année 2013). Les médecins généralistes étant la clé de voute du dispositif, notre étude s’attache à connaître leur avis sur le dispositif. 9 MG exerçant sur 3 sites universitaires différents et ayant utilisé le dispositif ont été interviewés selon une grille d’entretien semi-structurée entre avril et juin 2015. Une analyse qualitative puis quantitative du discours a été réalisée à l’aide des logiciels IRaMuTeQ et R.
Résultats : Près de 50% du corpus global concerne le dispositif mis en place et l’adressage au psychologue. Le dépistage des troubles psychologiques chez les étudiants est important pour les médecins et fait déjà partie intégrante de leur consultation (15% du discours). Les MG exerçant exclusivement en médecine préventive universitaire (MPU) mettent en avant l’accès facile et rapide au psychologue (55% des médecins de MPU). Ils utilisent le dispositif en outil de dépistage. Les MG ayant également une activité libérale apprécient le questionnaire en tant qu’outil (40.8% du discours) et l’adressage rapide au psychologue (28.6% du discours). Ils se servent du dispositif d’avantage pour créer du lien avec l’étudiant. Les MG les moins favorables au dispositif ont des stratégies de dépistage de troubles autres (37% du discours). Ils rappellent le sens, pour eux, de la consultation en MPU (25.9% du discours). La consultation de MPU ne leur semble pas appropriée pour un dépistage des troubles psychologiques car celui-ci peut être perçu comme intrusif auprès des étudiants. Les médecins qui y sont le plus favorables se le sont bien appropriés et soulignent les différents avantages qu’ils y trouvent (44.7% du discours) et notamment le fait qu’ils osent davantage approfondir les questions d’ordre psychologique grâce au dispositif.
Conclusion : Les MG soulignent l’importance de la prévention dans le champ de la santé mentale tout en la considérant comme un risque de stigmatisation et d’étiquetage. Ce paradoxe confirme la nécessité identifiée dans la littérature d’une sensibilisation systématiques au risques psychologiques à la fois auprès des étudiants et auprès des médecins.

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