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Introduction : La prévention du suicide et des tentatives de suicide (TS) constitue un enjeu majeur de santé publique et, parmi leurs principaux facteurs de risque, figurent les troubles de l’usage liés aux substances psychoactives. Au sein d’une population de patients vus suite à une TS dans un service d’urgence, l’objectif de notre étude était d’estimer les associations entre les caractéristiques du geste suicidaire et la consommation ou le trouble de l’usage d’alcool et de tabac.
Méthodes : 168 suicidants âgés de 15 ans et plus, vus par l’unité d’urgence psychiatrique de l’hôpital Bichat-Claude Bernard entre mars 2015 et mai 2016, ont été inclus. Un formulaire standardisé, complété par les équipes soignantes, a permis le recueil de données relatives aux modalités du geste (mode, motif principal, facteur précipitant, antécédents personnels et familiaux de TS) et aux caractéristiques sociodémographiques et cliniques du patient. L’évaluation de la consommation de substances psychoactives (tabac, alcool) au cours des trois derniers mois et des troubles de leur usage a été réalisée à l’aide de l’échelle ASSIST-Lite. Les associations entre les caractéristiques de la TS et la consommation ou le trouble de l’usage d’alcool/de tabac ont été estimées à l’aide de tests statistiques univariés et de modèles de régressions logistiques multivariés.
Résultats : Dans notre échantillon,63,1% des patients consommaient de l’alcool et 70,8 % consommaient du tabac. La prévalence des troubles de l’usage était de 38,1 % pour l’alcool et de 8,0 % pour le tabac. Comparés aux non-consommateurs, les consommateurs de tabac étaient significativement plus nombreux à évoquer le motif de vouloir mourir (OR=2,40 ;IC95%:1,20-4,82]), notamment chez les femmes (OR=3,75 ;IC95%:1,51-9,30, p d’interaction homme-femme=0,04). Ils avaient d’autre part moins de chance de rapporter comme facteur précipitant le « conflit familial/sentimental » (OR=0,24 ;IC95%=0,08-0,68) ou le  « problème au travail  ou  financier » (OR=0,27 ;IC95%=0,08-0,91) qu’un autre facteur (comprenant le deuil, les traumatismes ou troubles psychiatriques). Si le trouble de l’usage du tabac n’était pas lié aux TS multiples, il était associé à la multiplicité des TS antérieures chez les récidivistes(OR (TS>1 vs. 1)=3,14 ; IC95%=1,18-8,38). Aucune association n’a été retrouvée entre les modalités du geste suicidaire et la consommation ou le trouble de l’usage d’alcool.
Conclusion : Notre étude suggère un lien significatif entre les modalités du geste suicidaire et l’usage du tabac. Chez la femme en particulier, la consommation de tabac pourrait être associée à une plus forte intentionnalité suicidaire. Ces résultats demandent à être répliqués au sein d’autres services d’urgence. Ils pourraient participer, à terme, à une meilleure identification des groupes de population à risque de récidive ou de suicide accompli et à la mise en place d’interventions adaptées.

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