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Introduction : En France, 80% des tentatives de suicide (TS) sont prises en charge par les services d’accueil des urgences (SAU) et constituent pour de nombreux patients le premier contact avec le système de soins. Dans ce contexte, l’identification de groupes de populations à haut risque de récidive ou de suicide réussi permettrait d’adapter les prises en charges. Or, les caractéristiques de ces patients sont rarement recueillies en routine et restent peu décrites. Après une revue des connaissances, nous exposerons les résultats d’une étude pilote menée au sein de l’unité d’urgence psychiatrique du SAU de l’hôpital Bichat-Claude Bernard. Son objectif était d’estimer les associations entre les caractéristiques des patients suicidants et deux principaux facteurs de risque de suicide réussi : i) la récidive, ii) la volonté de mourir, en tant que motif principal de la TS.
Méthodes : Un formulaire standardisé a été élaboré en collaboration avec l’équipe de soins en charge du recueil. Pour chaque TS répondant à la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, cet outil a permis le recueil de données relatives aux modalités du geste, aux caractéristiques sociodémographiques et cliniques du patient, à son suivi psychologique/psychiatrique passé et à son orientation en post-urgence. Les associations de ces caractéristiques avec le risque de TS multiples (Oui vs. Non) ou le motif principal de la TS (Mourir vs. Autres) ont été estimées à l’aide de tests statistiques univariés et de modèles de régressions logistiques multivariés.
Résultats : Parmi les 168 suicidants inclus, 85 (50,6%) étaient récidivistes et 61 (36,3%) avaient pour motif de mourir. Les patients récidivistes avaient plus de chances d’être inactifs (OR=3,08[IC95%=1,10-8,65]), d’avoir bénéficié d’un suivi psychologique/psychiatrique au cours des six derniers mois (OR=3,35[IC95%=1,77-6,36]), d’être sous traitement à visée psychiatrique (OR=2,95[IC95%=1,52-5,73]) ou d’avoir été hospitalisé en psychiatrie (OR=15,01[IC95%=6,61-34,05]). La volonté de mourir n’était ni associée à la récidive, ni aux facteurs précédemment cités, mais à la présence d’idées suicidaires au cours du mois précédant la TS et à certains facteurs précipitants, dont les troubles psychiatriques (OR=3,51[IC95%=1,17-10,4]). Enfin, les patients ayant souhaité mourir étaient plus souvent hospitalisés en psychiatrie qu’orientés vers un suivi ambulatoire (OR=4,04[IC95%=1,89-6,23]), ce qui n’était pas le cas pour les patients récidivistes (OR=1,66[IC95%=0,86-3,23]).
Conclusions: Les récidivistes et les patients dont le motif de passage à l’acte est de mourir pourraient avoir des profils distincts (sociodémographiques, cliniques et au regard de leur parcours de soins). Ces résultats originaux ont vocation à être répliqués dans d’autres SAU parisiens et pourraient encourager, à terme, la mise en place d’interventions adaptées directement au sein des services d’urgence.

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