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Introduction : Décrite depuis plus d'un siècle, la schizophrénie n'a cessé de passionner cliniciens et chercheurs à travers le XXème siècle et le début du XXIème siècle. En tant que syndrome, la schizophrénie fait appel à des orientations scientifiques diverses, qui ont successivement tenté d'en préciser l'étiopathologie.L’objectif de cette étude est de rendre compte de l’évolution historique des orientations scientifiques sur la schizophréniepar une analyse lexicométrique de données textuelles à partir des titres des articles publiés dans des revues scientifiques indexées.
Méthode : 38 949 titres d’articles publiés en anglais comportant le terme « schizophrénie » et référencés sur la base de données PubMed sur trois périodes historiques : 1946-1979, 1980-1999et 2000-2016 ont été analysés grâce aux logiciels IRaMuTeQ et R.
Résultats : L’analyse de la période 1946-1979 (n=3 979) met en évidence quatre grandes classes par ordre de fréquence : 1) études de cas, diagnostics et devenir (classe2 : 35,4%) ; 2) processus de pensées, cognitifs et déficits (classe 3 : 23,4%) ; 3) recherche, concepts et théories (classe 1 : 21,6%) et 4) prise en charge thérapeutiques de troubles chroniques (19,6%). La période 1980-1999 (n=9 526) s’illustre par trois classes distinctes : 1) fonctionnement social et suivi longitudinal (classe 1 : 50,8%) ; 2) études sur le cerveau et apport de l’imagerie cérébrale (classe 3 : 30,1%) et 3) traitements neuroleptiques dont la clozapine et l’halopéridol (classe 2 : 19,1%). Enfin, la période 2000-2016, avec près de 22 447 titres d’articles, se décompose en six axes : 1) déficits des processus cognitifs et de la mémoire (classe 3 : 22,2%) ; 2) approche symptomatologique, abus de substances et suivi longitudinal (classe 4 : 18,4%) ; 3) recherche interventionnelle dont la remédiation cognitive et les interventions ciblant les familles et l’entourage des patients (classe 5 : 16,2%) ; 4) traitements antipsychotiques notamment atypiques dont la risperidone (classe 6 : 16,2%) et enfin la question des processus génétiques avec les études d’associations des polymorphismes (classe 1 : 13,9%) et de l’étiopathologie de la schizophrénie portant sur l’expression génétique des récepteurs au niveau du cortex préfrontal (classe 2 : 12,4%).
Conclusion : L’analyse des données lexicométriques des titres d’articles scientifiques découpées selon trois périodes temporelles permet, au-delà de l’accroissement du nombre de publications, une mise en évidence de la diversification thématique des axes de recherche et de leurs orientations. L’utilisation de l’analyse lexicométrique et de procédures de classification permet également de se représenter leurs importances relatives d’un point de vue quantitatif en termes de pourcentages du « discours scientifique » concernant la schizophrénie sur 70 années de publications.

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