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Introduction :
En hospitalisation de jour, une prise en charge intensive est proposée aux patients : cinq jours sur sept, avec des séjours moyens de six semaines. Notre recherche envisageait d’identifier les facteurs qui peuvent moduler significativement les dimensions de l’alexithymie au cours de ce traitement. Plusieurs variables ont été prises en considération : le sexe, l’âge, la durée d’hospitalisation, la médication (i.e. antipsychotiques, benzodiazépines, antidépresseurs et médication à effets anticholinergiques), les dix échelles cliniques de base du MMPI-2, l’indice de négativité au traitement du MMPI-2 (TRT) et le support social perçu (PSS), mesuré par la MSPSS.

Méthode :
Nous avons basé nos mesures sur la « Toronto Alexithymia Scale » (TAS-20), le MMPI-2 et la MSPSS qui distingue trois types de support social (i.e. familial, amical et autres personnes significatives). La TAS-20 comprend trois dimensions d’alexithymie : la difficulté à identifier ses émotions (DIF), la difficulté à discuter des émotions (DDF) et un style de pensée opératoire (EOT).
A travers des analyses de régression stepwise de type « backward » réalisées sur 192 patients, nous avons observé les modèles qui impliquaient des prédicteurs pertinents expliquant une part de variance significative des dimensions d’alexithymie.

Résultats :
Les principaux prédicteurs significatifs étaient : 1) Pour la TAS-20 totale (F(8,183) = 19.5; p < .001;  = 46) : la médication à base d’antipsychotiques, l’échelle de schizophrénie, la variable TRT et le support social perçu (PSS) ; 2) Pour la dimension DIF (schizophrénie : F(5,186) = 29.5; p < .001;  = .44 ; l’échelle paranoïa : F(4,187) = 31.8; p < .01;  = .41): l’échelle de schizophrénie et de paranoïa, la variable TRT et le PSS; 3) Pour la dimension DDF (F(6,185)= 24.5; p < .001;  = .44) : la médication à base d’antipsychotiques, l’échelle de déviance psychopathique, la variable TRT et le PSS; 4) Pour la dimension EOT (l’échelle schizophrénie : F(7,184)= 19.6; p < .001;  = .43 ; l’échelle paranoïa : F(4,187) = 31.8; p < .01;  = .42) : l’âge, la médication à base d’antipsychotiques, la variable TRT et le PSS. Tous ces prédicteurs augmentaient significativement les niveaux d’alexithymie, à l’exception du support social perçu qui, à l’inverse, diminuait ces derniers.

Conclusion :
De nombreuses variables sont à prendre en compte dans le traitement de l’alexithymie. Notamment, la variable TRT et le support social perçu qui apparaissent comme deux facteurs clés. En effet, la non-adhésion au traitement (mesurée à travers l’échelle TRT) démontre un pronostic particulièrement péjoratif. A contrario, nous avons observé que des aspects spécifiques du support social perçu réduisent de manière privilégiée les dimensions de l’alexithymie (Cf. Figure). Par ce type d’approche, il est donc possible de favoriser certains aspects et d’en défavoriser d’autres afin d’aiguiller la prise en charge pour en maximiser les effets escomptés.

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