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Introduction : Voir le monde au travers d’un verre « a moitié vide » est un vieil adage. Bien que peu scientifique, cet adage résume clairement la vision sombre de soi, du monde et du futur qui caractérise de la personne déprimée. Pour les cognitivistes, cette vision est sous tendue par des biais de négativité. Aujourd’hui indiquées en première intention dans le traitement de la dépression, les thérapies cognitives ciblent tout particulièrement ces biais. Nous avons cherché au travers d’une étude en potentiels évoqués, à mettre en évidence un marqueur électroneurophysiologique de la cognition dépressive. Notre hypothèse était que ces biais caractéristiques, pouvaient être suscités par des situations sociales ambiguës et reflétés par la modulation de potentiels évoqués (PE) cognitifs en lien avec les processus de traitement sémantiques et émotionnels (N400 et LPC). Méthode : Dix sept participants sains ont été évalués par une série d’échelles permettant de caractériser les symptômes dépressifs et anxieux. L’enregistrement des PE était effectué au cours d’une tâche de jugement de congruité sémantique entre une phrase (situation sociale ambigüe) et un mot cible (adjectif). Le mot cible était de valence positive, négative ou neutre; lié ou non à la situation (condition de congruité et d'incongruité sémantique). Les participants devaient juger si le mot cible était compatible avec la phrase du point de vue sémantique ; ceci indépendamment de leurs attentes et interprétations personnelles. Les variables dépendantes étaient : le pourcentage de jugements corrects (%BR), le temps de réponse (TR en ms) et l’amplitude des composantes N400 et LPC suscités par le mot cible. Résultats : Les résultats comportementaux montrent que les scores élevés aux échelles de dépression et de pensées automatiques négatives ont été négativement corrélés aux erreurs de jugement suscités par les mots cibles liés positifs. Plus les sujets présentaient de traits dépressifs et plus les interprétations positives étaient difficiles à considérer comme congruentes.Les résultats descriptifs des tracés E.E.G analysés chez 5 sujets sans caractéristique dépressive ont montré que les mots-cibles neutres non liés suscitaient bien une composante N400 d’amplitude plus élevée que les mots cibles neutres liés. Concernant l’analyse en fonction de leur valence émotionnelle, les mots positifs liés et non liés suscitaient une composante N400 d’amplitude similaire mais se distinguaient sur l’amplitude de la composante LPC. Les mots-cibles négatifs suscitaient des amplitudes plus élevées (N400 et LPC) dans la condition « non lié » en comparaison à la condition « lié ». D’autre part, les cibles liées négatives, suscitaient une N400 d’amplitude plus élevée que les cibles liées positives, traduisant une rupture des attentes. Ces premiers résultats vont dans le sens d’un « biais de positivité » de traitement de l’intégration sémantique et pragmatique chez le sujet sans caractéristique dépressive.  

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