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Introduction: Parmi les Auteurs d’Infractions à caractère sexuel (AICS), la proportion des malades mentaux reste faible, évaluée à moins de 10%. Cependant, le risque de récidive ainsi que la qualité des victimes (enfants et femmes) chez cette population, posent problème. Une prise en charge spécifique exige une étude préalable des particularités cliniques et des facteurs psychopathologiques sur lesquels nous pouvons agir.
Méthode: Etude rétrospective et descriptive auprès des malades hospitalisés d’office entre 1990 et 2015 dans le seul service de psychiatrie légale en Tunisie, suite à un non-lieu pour infraction à caractère sexuel. Les données ont été recueillies dans les dossiers médicaux des patients, et par la passation du questionnaire d’investigation clinique pour auteurs d’agressions sexuelles (QICPAAS) aux malades recrutés ;dans le but de préciser leur profil clinique, médicolégal, et psychopathologique.
Résultats: Notre étude a porté sur 53 hommes. Le profil type des patients était un homme jeune de 33,6 ans en moyenne, célibataire (81%), ayant un niveau scolaire bas (62,3%) avec notion d’échec scolaire, sans profession (49%) ayant un niveau socio-économique faible à moyen (94,3%) et dont la cohésion familiale était déficiente (47%), avec notion de maltraitante familiale (17%) et de séparation parentale précoce (30%).13,2% des patients avaient été victimes d’abus sexuels durant l’enfance ou l’adolescence, et  92,5% avaient des antécédents personnels psychiatriques, 73,6% avaient un diagnostic selon l’axe I du DSM IV, et 49% selon l’axe II. Selon l’axe I, la Schizophrénie était le diagnostic le plus fréquent (70%). Selon l’axe II, les diagnostics les plus trouvés étaient le retard mental, et les troubles de la personnalité. L’analyse psycho dynamique chez 14 patients a objectivé des structures psychotiques, un fonctionnement de type pervers, des difficultés de mentalisation et de verbalisation et une absence d’empathie pour la victime. Les actes commis étaient des attentats à la pudeur (49%), des viols (13%) et des tentatives de viols (21%). La victime était souvent unique et de sexe féminin, mineure dans 45% des cas. Le passage à l’acte était motivé soit par une activité délirante (26%) soit par des fantasmes sexuels déviants (37%) soit par une incapacité à maîtriser une impulsion sexuelle (32,6%). Le taux de récidive est passé de 16,98% à 7,54% sous traitement. Les résultats de passation du questionnaire ont été illustrés sous forme de vignettes cliniques.
Conclusion: La hantise de l’opinion publique et des décideurs face aux AICS, particulièrement chez les porteurs de maladies mentales parmi eux, est liée au risque de récidive. D’où l’importance d’une bonne prise en charge qui devra s’articuler autour de deux objectifs cruciaux: une stabilisation psychiatrique d’une part, et une évaluation complète d’autre part, ciblant les différentes dimensions relatives au sujet, à l’agression sexuelle et aux facteurs qui lui sont associés.

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