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Introduction: Le harcèlement sexuel est loin d’être rare en milieu de travail, particulièrement chez les professionnels de santé et notamment les infirmières, de part la nature même du travail infirmier, qui nécessite un contact physique avec le patient, et un travail au sein d’un staff hospitalier pendant une durée conséquente de la journée. En dépit de l’évolution indéniable de sa perception et de sa prise en charge, il garde un impact considérable sur la vie de la victime, aussi bien psychologiques, professionnelles, que sexuelles.
Méthode: Nous avons réalisé une étude rétrospective, descriptive et analytique sur toutes les infirmières exerçant dans le seul hôpital psychiatrique en Tunisie, soit  un échantillon de 164 infirmières, pendant la période allant d’Août à Octobre 2015. Les participantes ont répondu à un auto-questionnaire anonyme semi-structuré dans le but de décrire la perception du harcèlement sexuel par les infirmières, évaluer sa prévalence dans le milieu de travail, et déterminer ses conséquences.
Résultats : Le taux de réponse était de 78% soit 128 infirmières. L’âge moyen était de 34,9 ans, 71,1% étaient mariées. Les formes verbales n’étaient pas considérées comme un harcèlement sexuel chez le tiers des infirmières. La majorité a considéré que les formes non verbales en étaient, 100% des infirmières ont considéré que les formes physiques (attouchements, caresses, pincements, tentatives de relations sexuelles..) sont des formes de harcèlement sexuel. La prévalence du harcèlement était de 64,8% dans notre échantillon. 40,9% étaient des formes verbales. Le profil du harceleur était un homme, plus âgé que la victime, et un collègue dans 44,6% des cas. Les patients ne représentaient que 24,1% des harceleurs. Dans notre étude, le dégoût et la colère par rapport au harceleur étaient les réactions les plus rapportées par les victimes. Parmi les sentiments vis-à-vis de soi-même, le sentiment le plus exprimé était l’atteinte de la dignité. Les conséquences négatives sur le travail (absentéisme, congés à répétition, changements de poste..) étaient présentes dans 48,1% des cas et les conséquences psychologiques (Anxiété, dépression..) dans 39,8%. Onze infirmières ont présenté des conséquences sexuelles à type de baisse du désir et de trouble de l’excitation.
Conclusion : Malgré les avancées faites sur le plan législatif en Tunisie, la prévalence du harcèlement sexuel reste sous-estimée, en raison de l’aspect culturel et social du sujet, difficilement abordé et entouré d’un trop plein de préjugés. Mais aussi à cause du caractère tabou de tout ce qui se rapporte à la sexualité. Notre étude a tenté de mettre en lumière l’ampleur de ce phénomène et l’importance de ses répercussions, dans le but d’inciter les autorités référentes à assurer des programmes d’information et de formation pour les infirmières, et à établir une politique claire et des procédures administratives afin de restreindre et de combattre ce phénomène.

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