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Introduction 
Il est largement reconnu que les diagnostics psychiatriques sont stigmatisés. Les patients souffrant de schizophrénie sont associés aux stéréotypes les plus négatifs, considérés comme moins susceptibles d’évoluer vers la guérison et comme plus dangereux et imprévisible en comparaison des patients souffrant d’autres troubles mentaux. Depuis maintenant plusieurs années, plusieurs chercheurs, médecins, patients et familles militent pour un changement du terme schizophrénie, voyant dans ce changement un moyen efficace de lutte contre la stigmatisation de la schizophrénie. Toutefois cette demande de changement est loin de faire l’unanimité et le débat est maintenant bien installé. Eloigné des considérations subjectives, le but de notre étude est d’évaluer si le terme « schizophrénie » est responsable à lui seul d’une modification des interactions sociales envers les patients souffrant de schizophrénie de la part de la population générale.
Méthodologie
Nous avons recruté onze sujets sains, ne travaillant pas dans le domaine de la santé. Chaque participant a été invité à effectuer une tâche de synchronisation consistant à aligner un point à l’aide d’un joystick à un autre point se déplaçant sur un écran. Avant le début de la tâche, il était précisé sur l’écran au participant si celui-ci allait interagir avec un sujet souffrant de schizophrénie, un sujet souffrant d’un trouble de l’intégration neuro-émotionnelle (terme proposé pour remplacer celui de schizophrénie) ou un sujet sain. Chaque participant réalisant la tâche de synchronisation dans les trois conditions. En réalité, les mouvements du point ont été enregistrés au préalable et sont strictement identiques dans les trois conditions. A aucun moment les participants ne savaient qu’ils interagissaient avec un ordinateur et non avec des personnes réelles.
Résultats
De manière significative (p = 0,01), on retrouve que les participants réussissent moins bien la tâche de synchronisation lorsqu’ils pensent interagir avec un patient souffrant de schizophrénie. (F(2,20) = 4,02; p =.034; n2p = 0.29). De plus on retrouve une tendance vers des résultats identiques lorsque les participants pensent interagir avec un patient souffrant d’un trouble de l’intégration neuro-émotionnelle (p = 0,059). On ne retrouve pas de différence significative entre les conditions schizophrénie et trouble de l’intégration neuro-émotionnelle.
Conclusion
Pour la première fois, il est montré de manière objective, via un protocole clair, que le terme « schizophrénie » engendre à lui seul une modification du comportement de la population générale avec des conséquences négatives sur les interactions sociales futures, indépendamment de toute symptomatologie ou comportements des patients. Toutefois notre étude ne met pas en évidence une modification de ce comportement face à un nouveau terme. 

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