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Introduction :
La régulation émotionnelle devient une voie de compréhension centrale de la personnalité et de ses troubles. Notre objectif principal était d’étudier les impacts d’une psychothérapie institutionnelle sur l’alexithymie et l’ouverture émotionnelle (OE). L’alexithymie est caractérisée par des difficultés à identifier les sentiments/les émotions (DIF), des difficultés à discuter des sentiments/émotions (DDF) et un style de pensée opératoire (EOT), mesurée via la TAS-20 (« Toronto Alexithymia Scale », 20 items). Quant à l’OE, cette dernière est caractérisée par la représentation cognitive des émotions (REPCOG), la communication des émotions (COMEMO), la perception d’indices corporels internes et externes associés aux émotions (PERINT et PEREXT), la régulation des émotions (REGEMO) et les restrictions normatives de l’affectivité (RESNOR), mesurée par la DOE-36 (« Dimensions d’Ouverture aux Emotions », 36 items).
Méthode :
Le but de cette étude était d’investiguer les effets de la psychothérapie de groupe sur les difficultés liées à l’alexithymie et sur l’OE chez patients atteints de troubles psychopathologiques variés (N = 192). La prise en charge thérapeutique était proposée à raison de 5 jours sur 7, pendant une durée de séjour de 12 semaines maximum. Afin de tester l’impact de ce traitement sur ces deux variables, nous avons utilisé des tests t de Student sur échantillons appariés afin de comparer les mesures à l’entrée et à la sortie de l’hospitalisation. De plus, il s’agissait d’étudier, à travers des corrélations de Pearson, les liens entre la TAS-20 et la DOE-36.
Résultats :
Nos analyses ont montré que la thérapie de groupe réalisée en hôpital de jour diminuait significativement tous les scores d’alexithymie (i.e. TAS-20 Tot : t(191) = 9.55; p < .001; d = 0.69; DIF : t(191) = 9.31; p < .001; d = 0.70; DDF : t(191) = 8.74; p < .001; d = 0.62 ; EOT : t(191) =  4.22 ; p < .001; d = 0.29) et augmentait significativement certains aspects de l’OE (i.e. REPCOG : t(191) = -7.21; p < .001; d = 0.53; COMEMO : t(191) = -9.12; p < .001; d = 0.70; REGEMO : t(191) = -9.36; p < .001; d = 0.74). De plus, nous avons remarqué que la psychothérapie institutionnelle perdait en efficacité à un moment spécifique d’hospitalisation (i.e. au-delà de 63 jours). Des liens significatifs ont également été observés entre la TAS-20 et la DOE-36 (e.g. rDIF-REPCOG = -.60 ; rDDF-COMEMO = -.64), ce qui suggère que ces deux échelles mesurent des aspects communs.
Conclusion :
Les changements observés au niveau de l’alexithymie tendent à promouvoir l’hypothèse d’une stabilité relative pour ce construct de personnalité. Ceci nous amenant de manière concomitante à proposer une conception plus flexible de la personnalité. A l’époque de l’ « evidence based medicine », ces résultats nous permettent également d’envisager une durée de séjour optimale pour nos interventions thérapeutiques.

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