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La périnatalité est marquée par des bouleversements majeurs liés au fonctionnement émotionnel à la fois biologique et psychologique. Cette sensibilité extrême durant la période périnatale favoriserait la régulation émotionnelle pour permettre à la mère de s’accorder aux besoins de son nouveau-né. Cette étude avait pour but de clarifier la compréhension des modalités de régulation émotionnelle chez des populations de mères tout-venant (G1, N=31) et présentant des troubles psychiatriques (G2, N=31), entre la fin de la grossesse et les trois premières années de l’enfant. Un groupe contrôle de femmes sans enfant a été introduit pour comparer les régulations émotionnelles des mères et non-mères (G3, N=31).

Compte-tenu des évolutions psychobiologiques des femmes en période de périnatalité, la régulation émotionnelle des mères tout-venant devrait être significativement meilleure que celle des autres groupes. Cependant, chez les mères avec des troubles psychiatriques, les bénéfices de cette période pourraient être significativement moins importants que chez les mères tout-venant, compte-tenu des difficultés de régulation émotionnelle généralement liés aux troubles psychiatriques.

Afin d’avoir une mesure de la régulation émotionnelle, les 93 femmes de cette étude ont rempli la Difficulties Emotion Regulation Scale (DERS). Les mères avec troubles psychiatriques, recrutées en centre maternel, ont aussi participé à des entretiens diagnostiques (MINI) afin de confirmer la présence de troubles actuels. Les analyses ont consisté en des ANOVA puis des tests post-hoc avec correction de Bonferroni.

Les résultats ont mis en évidence des différences significatives entre les trois groupes au score total de la DERS (F(3,89)=7,36 ; p≤0,001), ainsi qu’à la plupart de ses dimensions : Buts (F(3,89)=3,80 ; p=0,01), Impulsivité (F(4,87)=3,90 ; p=0,006), Conscience (F(3,88)=3,93 ; p=0,01), Stratégie (F(3,89)=4,10 ; p=0,009) et Clarté (F(4,87)=3,88 ; p=0,006). Conformément aux hypothèses et à la littérature, les mères tout-venant avaient la meilleure régulation émotionnelle comparé aux femmes sans enfant (p≤0,001).

Chez les mères avec troubles psychiatriques, les bénéfices de la période périnatale en matière de régulation émotionnelle étaient significativement moins importants que chez les mère tout-venant (DERStot ; p=0,002) ; la régulation émotionnelle étant comparable aux femmes sans enfant, sauf dans la sous-dimension Buts (p=0,099) où elles conservent une meilleure régulation. Ces résultats étayent l’idée d’une amélioration des capacités de régulation émotionnelle en période périnatale, sauf chez des mères avec troubles psychiatriques, où elle reste comparable à celle des femmes sans enfant. Compte-tenu des effectifs restreints, ils mériteraient d’être répliqués car ils apportent des informations pour la prise en charge thérapeutique des femmes en centres maternels à travers la dimension de régulation émotionnelle, nécessaire pour s’accorder aux besoins du nourrisson.

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