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Représentations d’attachement : étude comparative chez des adolescents placés en familles d’accueil et en institutions
Camille Danner Touati1, Anne-Sophie Deborde1,2
1Université Paris 8
2 Laboratoire paragraphe EA 349, équipe de recherche CRAC
 
Introduction - Alors qu’ils ont vécu des maltraitances, les enfants placés sont soustraits de leur milieu familial et ont la possibilité d’investir une figure d’attachement secondaire (assistante familiale pour le placement en famille d’accueil ou éducateur pour le placement en institution). L’investissement de cette nouvelle figure d’attachement est un enjeu primordial dans le cadre du placement car l’expérience d’une relation sécurisante serait déterminante pour la construction de l’identité et pour le fonctionnement global futur de ces enfants. L’objectif de cette étude était d’explorer si l’une de ces modalités de placement (assistante familiale ou éducateur) favorisait la construction de représentations d’attachement secondaire plus positives avec la figure d’attachement secondaire.

Méthode - Soixante-cinq participants, âgés en moyenne de 13,46 ans (ET=2,45), ont participé à cette étude : 17 adolescents placés en famille d’accueil et 48 adolescents placés en institution. Les représentations d’attachement vis-à-vis de la figure d’attachement secondaire (assistante familiale ou éducateur) ont été évaluées avec l’Inventaire d’Attachement aux Parents et aux Pairs (IPPA, 1989). Les analyses ont consisté en des ANOVA univariées.
Résultats - Les résultats étayent l’hypothèse selon laquelle le placement en famille d’accueil favoriserait la construction de représentations d’attachement plus positives à la figure d’attachement secondaire : IPPAtot (F (1,63) = 9,97 ; p = 0,002), notamment dans les dimensions confiance (F (1,63) = 15,56 ; p ≤ 0,001) et sentiment d’abandon (F (1,63) = 9,87 ; p = 0,003).
Conclusions - Ces résultats préliminaires sont en faveur du placement en famille d’accueil. Cette modalité de placement est associée à un meilleur investissement de la figure d’attachement secondaire, ce qui, à la lumière de la théorie de l’attachement, pourrait permettre aux enfants placés de bénéficier de meilleures bases pour se reconstruire. Cette hypothèse mériterait d’être examinée avec des études longitudinales de devenir. En institution, il conviendrait de réfléchir à la façon de permettre une plus grande proximité entre l’enfant placé et son éducateur, de manière à ce qu’il bénéficie d’une base sécure comparable à celle qui est offerte en famille d’accueil.

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