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En modifiant la neurotransmission, l’usage régulier de cannabis a un impact sur diverses fonctions cognitives telles que la mémoire, l’attention soutenue ou les fonctions exécutives. Il est également utile de connaître son impact sur la fonction visuelle, fonction hautement sollicitée dans notre vie quotidienne. Des études chez l’animal ont montré que le système endocannabinoïde est impliqué dans la vision et que la modification de son fonctionnement par des cannabinoïdes exogènes pouvait perturber cette fonction à différents stades, notamment au niveau rétinien et cortical. Toutefois, il existe jusqu’à présent peu de données chez l’être humain. Nous présentons ici des résultats du programme Causa Map, destiné à explorer les perturbations de la fonction visuelle chez des usagers réguliers de cannabis.

Dans une première étude nous avons mesuré l’impact des consommations de cannabis sur le traitement visuel rétinien en utilisant les mesures standard de l’ISCEV. Nous avons retrouvé un ralentissement du traitement rétinien sur l’ensemble des couches cellulaires, depuis les photorécepteurs, jusqu’aux cellules ganglionnaires qui intègrent le signal rétinien. Certains variants du gène CNR1 semblent moduler cet effet. Dans une deuxième étude, nous avons mesuré les potentiels évoqués visuels en réponse à des visages filtrés dans différentes gammes de fréquences spatiales. Nous avons retrouvé un retard de latence de l’onde P100 chez les usagers de cannabis. Par ailleurs, la mesure de l’amplitude de l’onde N170 montrait que les usagers réguliers de cannabis n’effectuaient pas la distinction habituelle entre les fréquences spatiales hautes et basses spécifique au traitement des visages, contrairement aux volontaires sains.

Nous montrons par ces résultats que l’usage régulier de cannabis semble générer plusieurs dysfonctionnements distincts dans le traitement de l'information visuelle. Il existe un retard de traitement dès l'entrée du signal visuel, au niveau de la rétine. On le retrouve au niveau cortical par un décalage de l'onde P100. Ce retard confirme l'impact des cannabinoïdes exogènes sur le traitement rétinien retrouvé chez l'animal. Les modifications de l'onde N170, spécifique du traitement des visages, semblent correspondre à une anomalie de reconstitution du signal visuel en un percept cohérent. Il semble donc que la fonction visuelle soit également perturbée par l'usage de cannabis. Cette information est importante pour la transmission de messages de santé publique, par exemple concernant la conduite automobile. 

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