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Introduction :
L'association entre l'hypothyroïdie et les troubles psychiatriques n’est pas rare et est souvent négligée comme étiologie. La présentation psychiatrique peut être si frappante que les patients sont d'abord diagnostiqués avec un trouble psychiatrique primaire plutôt que hypothyroïdie.
Méthode :
Nous rapportons le cas d’un patient qui présente un tableau psychiatrique atypique évoluant depuis 8 ans sans amélioration clinique et chez qui un bilan endocrinien a révélé une hypothyroïdie.
Observation :
Patient âgé de 51 ans, ayant comme antécédent un diabète mal suivi. L’histoire de sa maladie remonte à 8 ans par l’installation d’une tristesse de l’humeur, un isolement social, des plaintes somatiques, des troubles de concentrations et des propos de persécution. La symptomatologie s’est aggravée par une désinhibition verbale et physique, et une hétéro agressivité. A l’examen psychiatrique, le patient était ralenti, ayant un contact difficile, une tristesse de l’humeur, une asthénie affective, des hallucinations auditives et une pensée pauvre avec des idées d’incurabilité sans idées suicidaires. Le bilan biologique a objectivé une hypothyroïdie à 8,900 mUI/ml et un taux des anticorps anti peroxydase élevé à 193 UI/ml. L’échographie thyroïdienne a mis en évidence une atrophie thyroïdienne. Le patient était mis sous traitement hormonal substitutif avec un traitement antidépresseur et antipsychotique.
Discussion :
Les anomalies fonctionnelles de la thyroïde sont fréquentes et touchent près de 5% de la population générale, avec une prédominance féminine.
La survenue des troubles psychiatriques au cours des pathologies endocriniennes est un fait établi depuis plus d’un siècle.
Jusqu’à 30% des sujets hypothyroïdiens auraient une dépression, elle touche surtout la sphère cognitive avec une anhédonie, un repli sur soi et parfois des plaintes somatiques comme l’illustre le cas de notre patient.
La prise en charge thérapeutique consiste en la mise sous traitement substitutif. L’amélioration sous traitement est progressive avec un contrôle des taux de TSHus dans les 3 à 6 semaines qui suivent le début de traitement. En cas d’association avec les antipsychotiques atypiques, les doses du traitement substitutif doivent être augmentés progressivement.
Des cas d'aggravation transitoire ont été décrits à l'instauration du traitement. Pour certains auteurs, le pronostic évolutif est directement corrélé au délai entre l'apparition des premiers symptômes et la mise en route du traitement substitutif.
Conclusion :
Cette observation nous rappelle que les manifestations neuropsychiatriques prédominantes et/ou inhabituelles peuvent révéler une hypothyroïdie et doivent conduire à la réalisation systématique d'un bilan thyroïdien.

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