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Introduction : L’étude de la conscience des troubles comme processus multidimensionnela connu un essor et un regain d’intérêt depuis plusieurs années notamment dans les pathologies mentales comme la schizophrénie, ou les troubles obsessionnels compulsifs. Les liens entre déficits de l’insight et mauvais pronostic dans le processus de soins sont l’explication première du nombre croissant de recherches dans ce domaine et leurs études représentent un intérêt majeur pour l’amélioration de la prise en charge des patients. Néanmoins trop peu d’études ont évaluées la dynamique de ce processus dans les troubles de personnalités comme le trouble borderline (TPB). Pourtant la dimension impulsive dans le trouble borderline pourrait représenter un risque majeur de non adhésion au traitement (Cancel et al., 2016). Cette pré-étude vise à explorer les liens existant entre les dimensions de l’impulsivité et la conscience de la maladie dans le TPB.
 
Méthode : 23 patients présentant un TPB (diagnostiqués depuis 70 mois en moyenne) ont été recrutés. L’insight a été évalué par la Beck Cognitive Insight Scale (Beck et al., 2004). Les dimensions de l’impulsivité ont été évaluées par UPPS-Impulsive Behaviour Scale (Whiteside & Lynam, 2001).
 
Résultats : Les résultats distinguent deux sous-groupes de patients. Un premier groupe (Gp 1, n=8) avec une corrélation positive entre la dimension « urgence positive » et le niveau d’insight (r=0,938, p=0,001 ; R2=0,79). Le second groupe (Gp 2, n=15) présentant une forte influence de la dimension « recherche de sensation » sur le niveau d''insight selon le modèle de régression multiple (R2=0.99). Le d de Cohen indiquant une distinction de la valence émotionnelle des items positifs versus négatifs de l’UPPS uniquement dans le groupe 1 (d=0,61) et non dans le groupe 2 (d=0,083).
 
Conclusion : Les  résultats vont dans le sens des études soulignant une hétérogénéité des déficits du processus de reconnaissance émotionnelle dans le TPB (Méta-analyse de Derks et al., 2016) mais illustrent les liens existant entre émotions et conscience du trouble.  La gestion des émotions positives, jusqu'ici moins considérées que les émotions négatives, semble être une piste intéressante de prises en charge. Cette recherche doit naturellement être répliquée sur un plus large échantillon, mais ces premiers résultats permettent d'émettre l'hypothèse de profils spécifiques dans le TPB, axés sur le niveau de conscience émotionnel, à prendre en compte dans l'objectif de proposer des interventions thérapeutiques adaptées.
 

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